Hi, kifak, ça va?!?

8 février 2016
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Si tu manges de l’humus accompagné de pignons de pin et qu’il t’arrive de te rendre dans un bar à chicha pour fumer de la citron-menthe ; si tu regardes "On n’est pas couché" uniquement pour les grands yeux de Léa Salamé et que tu te réveilles chaque matin au son entraînant de Mika, tu pourras certainement reconnaître leur point commun : le Liban. Bravo, tu viens d’atteindre le niveau débutant ! Mieux encore, si tu pratiques la danse orientale sur les chansons de Fayruz ; si tu éponges tes peines de cœur en écoutant les mélodies mélancoliques d’Ibrahim Maalouf ou la voix envoûtante de Bachar Mar-Khalifé ; si tu maîtrises comme personne les règles du backgammon ; si tu as fait du Latin-Grec à l’école et que tu situes encore Tyr et Sidon, tu passes directement au niveau intermédiaire ! Enfin, si un de tes secrets inavouables est de bien visualiser Mia Khalifa ; si tu comprends l’expression de tes parents à la vue de ta chambre mal-rangée "C’est Beyrouth ici !" ; si faire une marche arrière pour sortir par une entrée d’autoroute ne te fait pas peur, alors bienvenue au niveau avancé !

Mais trêve de plaisanteries car tu imagines peut-être simplement le Liban comme un pays frontalier de la Syrie où il ne fait pas bon de se promener trop près des voitures de peur qu'elles n'explosent et où tu vas donc éviter de te rendre de sitôt, à tort ajouterais-je... Mais nous aurons l’occasion d’en discuter autour d’un bon mezzé quand tu viendras me rendre visite.

Entre espoir et désespoir, son cœur vacille.

En effet, le Liban, c’est aussi le cœur géopolitique du Moyen-Orient depuis des siècles : tous s’en arrachent l’influence et s’il venait à tomber une nouvelle fois, vingt-cinq ans après la guerre civile et presque dix ans après la guerre de juillet 2006 entre le Hezbollah et Israël, ce serait… Non, mieux vaut ne pas imaginer ce qu’il adviendrait de la situation politique internationale au vu de son état actuel. Gardons un minimum d’espoir, seul don encore caché dans la boîte de Pandore.

Aujourd’hui, le conflit syrien est sans nul doute devenu le premier du XXIe siècle à réellement jeter le pavé dans la mare, embourbant « la communauté internationale » : guerre froide entre l’axe chiite Téhéran-Damas-Hezbollah et l’axe sunnite avec Riyad en figure de proue; conflits nationaux entre la Turquie et le peuple Kurde disséminé sur quatre frontières (Turquie, Syrie, Irak et Iran) et destructions internes des peuples yéménites et libyens, abandonnés par les gouvernements occidentaux et oubliés de leurs médias ; accords géopolitiques douteux entre Paris et Riyad, Washington et Téhéran ou encore Moscou et Tel-Aviv…

La liste est longue et les morts nombreux, sans faire fi de la pire crise de réfugiés depuis la Seconde Guerre Mondiale, qui n’est pas sans nous rappeler à quel point la mémoire de l’Homme est courte et sa générosité rarement gratuite.

En effet, alors que l’ensemble des pays européens crient à l’invasion en comptabilisant un tout petit peu plus d’un million de réfugiés pour un continent de plus de 700 millions d’habitants, le Liban, quant à lui, en compte 1.3 millions enregistrés en 2015 pour un pays dont la démographie s’élève seulement à environ 4.5 millions de personnes et dont la géologie est loin d’être une morte plaine pour pouvoir installer tous ces nouveaux arrivants, selon le Haut Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés.

Ô Capitaine, mon Capitaine!

Quoi qu’il en soit, alors que les jeunes Libanais cherchent à étudier et à s’installer à l’étranger, il existe malgré tout encore beaucoup d’expatriés occidentaux, principalement des étudiants et des travailleurs presque exclusivement, je l’accorde, dans les domaines du business, de l’enseignement, du journalisme ou des ONG. Tous désirent rester à Beyrouth et vivre dans cette désorganisation libanaise quotidienne au bruit des klaxons d'un trafic constant.

Cependant, ce n'est pas difficile à comprendre quand le Liban est sans aucun doute le seul pays du monde arabe où les dits souks de la capitale proposent du véritable Dior et Channel, où il est possible d’aller skier en montagne au matin et descendre sur la côte l’après-midi pour prendre un bain de soleil, où tout le monde jongle entre l’arabe et le français en passant par l’anglais dans une seule et même conversation et où il fait bon de sortir tous les soirs boire des verres entre amis car on ne sait jamais à quels jeux dangereux les politiciens s’adonneront le lendemain.

En fait, habibi, venir au Liban c’est tout simplement -enfin!- appliquer ce bon vieux carpe diem...

Allez, yalla, bye !

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