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Tu peux aller 8 jours à Antalya pour 250 euros. Le hic? Personne n'ose partir en vacances en Turquie

10 janvier 2017

L'année dernière, près de 50% en moins de Belges se sont pris des vacances en Turquie. Et cela ne semble être que le début. Parce que les réservations pour cette année, malgré des prix incroyablement bas, ne décollent pas. Du moins, c'est ce qu'affirment les centres de vacances turcs eux-mêmes et même les organisations indépendantes. Les tours opérateurs belges, eux, voient rose.

Les Belges ne sont pas les seuls touristes à éviter la Turquie. Le pays a reçu 24 millions de visiteurs au cours des onze premiers mois de 2016, ce qui est près d'un tiers de moins que l'année précédente.

Et pourtant, des offres alléchantes sortent partout. Si tu cherches un peu, tu peux désormais partir huit jours pour moins de 250 euros dans un hôtel all-inclusive à Antalya.

"De telles chutes des prix pour un pays touristique, nous n'en voyons presque jamais", affirment les chercheurs. Du jamais vu, mais pas de l'inexplicable. Les gens savent très clairement pourquoi ils ne veulent pas aller en Turquie: par crainte d'un attentat.

Il est prévu que cette baisse drastique de fréquentation se poursuive encore durement cette année. De plus en plus d'agences de voyage internationales commencent aussi à laisser tomber la Turquie. Carnival Corporation, une des plus grandes compagnies de croisières au monde, a d'ailleurs décidé cette année de ne plus naviguer en Turquie.

Étrange

"La demande pour retirer la Turquie de la croisière vient de nos clients", explique la Carnival Corporation. "Et nous y avons donné suite, ce qui est normal vu tous les développements de ces derniers temps".

Tu peux entendre ce même discours un peu partout - du moins à l'étranger, du côté des tours opérateurs. Mais en Belgique, ils voient pour l'instant tout rose.

"Ces dernières semaines, le nombre de réservations est resté stable par rapport à l'année dernière. Le plus grand nombre d'abandons a été enregistré l'année dernière", affirme à De Tijd Frank Bosteels, le porte-parole du tour opérateur "Connections".

"La Turquie n’est pas désastreuse", explique aussi Jan Dekeyser, le directeur général de Thomas Cook Belgium. "Les plages turques populaires se situent aussi loin d’Istanbul que Bruxelles d’Irlande du Nord. TUI Belgium enregistre même une certaine augmentation du nombre de réservations pour la Turquie, après la chute de l'été 2016", ajoute-t-il.

Du côté du tour opérateur Neckermann, par contre, ils notent, pour cette période de réservations précoces, que la Turquie est moitié moins populaire que l'an dernier.

45% disent que la menace terroriste est le critère le plus important dans leur choix de vacances

C’est tout à fait logique, une enquête montre que 45% des voyageurs pointent la menace terroriste comme la préoccupation première lors de leur choix de destination. Les critères suivants sont la santé, la criminalité, la situation politique, le risque de catastrophe naturelle et le risque d'accidents de la circulation.

Le tourisme représente - ou mieux représentait - près de 7% de l'économie turque et 8% de l'emploi dans le pays. Des milliers de travailleurs saisonniers, qui sont normalement déployés de fin mai à fin septembre dans les stations balnéaires et les hôtels, n’y iront pas cet été pour la deuxième année consécutive. Parce qu'il n'y a pas de travail pour eux. 40% des touristes qui vont en Turquie choisissent la période entre le début du mois de juillet et le mois de septembre.

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