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Pénélope Fillon torpille la campagne de son mari: "Je n'ai jamais été son assistante ou quoi que ce soit de ce genre"

3 février 2017

C'est une tuile de plus pour le principal candidat à l'élection présidentielle française, François Fillon. Jusque-là, l'homme politique de droite était bien parti dans les sondages. Mais un scandale est en train de tuer sa campagne. Sa femme a touché pendant des années un salaire mirobolant (830.000 euros au total) pour un travail qu'elle n'a jamais fait. Marine Le Pen peut commencer tout doucement à rêver de la présidence.

Il suffit parfois de peu de choses pour saboter une campagne présidentielle, un vieux dossier qui refait surface peut la faire basculer à tout moment. En mai 2012, il y a eu ce débat télévisé entre le Président français de l'époque Nicolas Sarkozy et le candidat concurrent François Hollande, lors duquel ce dernier avait lancé son slogan phare "Moi, Président de la République". En 2017, cette phrase pourrait devenir le titre parfait de l'émission "Envoyé Spécial" qui a été diffusée hier sur France 2.

Ce document révèle un extrait d'interview de la femme de François Fillon, Pénélope, qu'elle a donnée pour le Sunday Telegraph. "Je n'ai jamais été son assistante ou quoi que ce soit d'autre", affirmait-elle littéralement dans cette conversation qui date de 2007. Alors qu'à ce moment précis, elle était salariée de son mari depuis quatre ans, en tant qu'assistante parlementaire.

Un trou de mémoire? Ce n'est pourtant pas une mince affaire. De 1988 à 1990 et de 1998 à 2007, elle a extrêmement bien gagné sa croûte: on parle de 830.000 euros au total. Et comme si cela ne suffisait pas, les enfants de Fillon ont également été rémunérés pour des conseils personnels en droit, alors qu'ils étaient toujours aux études.

Fillon apparaît aujourd'hui, ni plus ni moins, comme un menteur. Il avait toujours affirmé que sa femme "travaillait dans l'ombre". Mais Pénélope discrédite complètement sa défense dans la bande sonore. Et maintenant, les tribunaux se sont lancés à la chasse des Fillon: ils ne rient pas avec la fraude.

Le candidat de droite est complètement démoli, et il s'enfonce plus en plus dans les sondages. Au sein de son parti, Les Républicains, beaucoup pensent à le remplacer par un autre candidat. Remettre Nicolas Sarkozy en course peut être discutable. Après tout, il a perdu les primaires au sein de son parti: un perdant peut-il être repêché?

Tout bénéf' pour Macron

Le grand gagnant dans toute cette histoire, c'est le candidat au centre-gauche Emmanuel Macron. Lui qui n'a pas de parti derrière lui, seulement son propre mouvement En Marche! Macron fait tout à coup son entrée en fanfare dans les sondages. Il occupe maintenant la deuxième place, derrière Marine Le Pen. Ce sont eux deux qui s'affronteront pour la présidence à ce rythme.

À gauche, le candidat du Parti socialiste, Benoît Hamon, monte lui aussi. Si Hamon est très à gauche, même pour son propre parti, il est quand même loin devant le président impopulaire François Hollande. Et les scandales de la droite redonnent de l'espoir au PS.

C'est Marine Le Pen qui devrait, en principe, faire péter le champagne: c'est elle qui peut le plus bénéficier du scandale Fillon. Mais la candidate d'extrême droite est, elle aussi, en proie à une série de scandales financiers, qui pourraient également faire vaciller sa campagne.

Voici un extrait de l'entretien de Pénélope:

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