Ryanair est un des perdants: plus de clients mais moins de bénéfices.

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Et ce n'est que le début: les Britanniques souffrent déjà terriblement du Brexit, les Allemands sont eux les grands gagnants

6 février 2017

Le Brexit n'est même pas encore entré en vigueur que les entreprises britanniques souffrent déjà fortement. Plus de la moitié connaissent des problèmes suite au divorce que nous qualifierons de compliqué. Une hausse des prix est aussi annoncée un peu partout pour les consommateurs. Et pendant ce temps en Allemagne, on rit: les commandes affluent pour les entreprises qui exercent leur activité dans l'euro-zone.

Depuis la semaine dernière, Theresa May a enfin fait voter l'article 50, celui qui doit mettre en marche la procédure de séparation entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Les négociations de cette séparation devraient au moins durer deux ans. La livre sterling a déjà connu quelques coups durs sur le marché des changes suite à l'annonce du Brexit, même s'il y a un léger mieux après que cette séparation ne devienne officielle.

En fait, c'est toute l'économie britannique qui fait maintenant l'expérience d'un certain inconfort causé par le Brexit, comme l'ont annoncé le Financial Times et le Guardian. Plus de la moitié des plus grandes entreprises du pays observent en effet un impact négatif.

11% seulement disent que le Brexit a des effets bénéfiques pour leurs résultats. 32% des entreprises relativisent et déclarent que tout se passera bien avec le Brexit, quand 45% ne voient pas du tout les choses de la même manière. Ces chiffres ont été établi par Ipsos Mori, à travers une enquête auprès de 114 patrons britanniques.

Les Allemands en profitent

Mais les effets du Brexit ne touchent pas que la sphère économique. Ce sont aussi les consommateurs qui devraient les ressentir dans leur portefeuille. La plupart des compagnies ont annoncé, selon la Chambre de Commerce, qu'elles augmenteront leurs prix cette année.

Dans le même temps, l'idée qu'un pound relativement faible peut être positif pour les entreprises britanniques - dont beaucoup font leurs chiffres à l'étranger - semble aussi fausse. L'achat de matières premières à l'étranger est en effet bien plus cher maintenant et a déjà un impact.

Et à la fin, ce sont toujours les Allemands qui gagnent... Cela semble être également le cas en dehors du football. Alors que l'Europe est très inquiète de l'impact du Brexit sur son économie, les entreprises allemandes font mieux que se défendre. En décembre, elles ont reçu 5,2% de commandes en plus, leur meilleur résultat depuis deux ans. Cela concerne en particulier celles qui font leur business dans l'euro-zone.

Ryanair

Deux secteurs continuent cependant à connaître de bons résultats au Royaume-Uni. Il s'agit de l'industrie pharmaceutique et du secteur spatial, qui sont tous deux protégés par des lois de l'Organisation mondiale du commerce. En attendant, une autre peur pourrait se matérialiser: celle que l'on appelle communément le "hard brexit", une négociation dure entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, chacun voulant garder la face auprès de son opinion publique. Bain, un cabinet international de conseil en stratégie et management, pense que les bénéfices des entreprises britanniques pourraient être réduit de 30% si un "hard brexit" devait avoir lieu.

Même Ryanair, l'entreprise de transport aérien irlandaise qui a ouvertement admis être en défaveur du Brexit et qui connait une progression 16% du nombre de ses voyageurs, pourrait être affectée. Ses profits pour le trimestre précédent sont en danger. Ce qui ne plait pas du tout à son patron, Michael O'Leary.

City

Enfin, il y a le danger de la fuite des cerveaux. Paris s'est déjà positionné et entend "offrir des solutions" aux acteurs de la City. Certains employés hautement qualifiés ont en effet déjà fait part de leur désir de quitter la place centrale de la finance en Europe. "Il y a 20 ou 30.000 salariés de la City potentiellement concernés et je me bats pour qu'ils viennent chez nous", a expliqué à l'AFP Gérard Mestrallet, président de l'association Paris Europlace.

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