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Qui sortira vainqueur de la crise avec Erdogan? Mark Rutte ou bien Geert Wilders?

13 mars 2017

C'est mercredi que les Pays-Bas vont voter et ce sera Mark Rutte contre Geert Wilders. Rutte fait maintenant face à une énorme crise diplomatique avec la Turquie. Pour les Turques, c'est assez clair que cette bataille est bénéfique pour Erdogan qui peut maintenant s'en prendre à l'Europe. Mais qui sort vainqueur de cette crise diplomatique aux Pays-Bas? C'est difficile de savoir si cette querelle profite à Rutte ou bien à Wilders.

C'est dans deux jours que les élections aux Pays-Bas vont avoir lieu. Depuis quelques semaines, c'est Geert Wilders et son parti le PVV qui sont à la tête des sondages.

Mais les choses ont changé depuis la semaine passée. Wilders chute lentement dans les sondages et le parti du premier ministre Mark Rutte (le VVD) remonte la pente. C'est le cas aussi du CDA (les chrétiens démocrates) qui rattrapent aussi le PVV de Wilders.

Voici les chiffres de hier (mais l'effet de la crise diplomatique avec la Turquie n'est ici pas pris en compte):

© Maurice De Hond

Que va-t-il se passer après ce weekend?

Ce qu'il s'est passé ce weekend change vraiment la donne. La crise avec la Turquie prend une dimension importante, surtout depuis qu'Erdogan a traité les Pays-Bas de "vestige du nazisme" et de "fascistes".

Les Turques vont se rendre aux urnes ce 18 avril afin de décider si oui ou non le président turque va recevoir plus de pouvoir.

En Turquie une chose est sûre: le conflit entre Erdogan et les Pays-Bas est avantageux pour l'image du président turque qui est arrivé à défendre l'honneur et la fierté de la Turquie face à l'Europe.

La question qui se pose maintenant est de savoir si le même phénomène va se passer aux Pays-Bas: est-ce que Rutte va devenir plus populaire, car il a tenu tête à Erdogan?

Le fait est que Rutte ne peut plus faire marche arrière. Comme il l'a dit: "La Turquie a dépassé les limites. Les Pays-Bas sont aussi un pays fier."

"Ils ont nos passeports, mais ils ne sont pas des nôtres"

Ce qui est frappant c'est que tous les grands partis des Pays-Bas ont soutenu Rutte et personne n'a pensé que la crise avec le président de la Turquie allait trop loin. C'est le cas par exemple du parti vert qui n'a pas exprimé son désaccord avec Rutte.

Le seul qui ait en fait exprimé son désaccord avec Rutte est Wilders. Ce dernier pense qu'il a eu une attitude trop peureuse, et que si les Pays-Bas ont tenu tête à la Turquie, c'est bien "grâce au PVV". Il a aussi accusé Rutte d'inviter les Turques aux Pays-Bas après les élections.

Et maintenant Wilders se présente comme la victime et il a profité de la crise pour rassembler les foules. "Les Pays-Bas voient maintenant que les Turques ne sont pas néerlandais. Ils ont nos passeports, mais ils ne sont pas des nôtres. Ils n'ont rien à faire ici".

Il va y avoir un débat aujourd'hui entre Rutte et Wilders à 18h15. Ce moment risque d'être un tournant décisif pour les élections. La question la plus importante maintenant est de savoir si le discours "soft" face à la Turquie est plus convaincant que celui de Wilders.

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