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Le Brexit sera peut-être enfin déclenché demain: mais où en est la situation?

13 mars 2017

Le Brexit a été voté le 23 juin 2016. Cela fait neuf mois que tu en entends parler un peu tous les jours, mais que le processus de divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne semble au point mort. Cette fois, les choses reprennent et cette journée pourrait être décisive. Demain, les Britanniques pourraient bien se réveiller hors de l'UE. Voici pourquoi.

Big day pour le Brexit! Les parlementaires britanniques doivent relire aujourd'hui le projet de loi qui autorise le gouvernement à activer l'article 50 du Traité de Lisbonne. S'ils sont d'accord avec le texte - et c'est plus que probable - le plan de divorce sera mis en marche dès demain.

Cela faisait des mois que les négociations pour enclencher définitivement le Brexit semblaient au point mort. Les Britanniques ont dit "non" à leur avenir dans l'Union européenne le 23 juin dernier, mais le plan de sortie n'est pas si facile à mettre en oeuvre. Entre le hard Brexit (où le Royaume-Uni couperait complètement les ponts avec l'UE) et le soft Brexit (où le pays conserverait un accès au marché unique européen), le choix de la stratégie n'a pas été facile. Et puis la Première ministre, Theresa May, ne joue pas cavalier seul, le parlement britannique a également dû donner son avis. Enfin, ce lundi risque bien d'être décisif.

Deux modifications au texte?

Le parlement britannique comprend deux chambres: la Chambre des Lords et la Chambre des communes. Début février, les députés avaient plus ou moins approuvé en première lecture le projet de loi de sortie de l'UE écrit par le gouvernement. Mais "les Lords" n'étaient pas d'accord sur deux points. Ils avaient déposé deux amendements: l'un pour exiger que le parlement ait le dernier mot sur l'accord final avec Bruxelles, et l'autre pour réclamer la protection des droits des Européens qui vivent au Royaume-Uni.

Les Lords veulent ainsi plus de garanties sur le sort des 3 millions d'Européens (hors Britanniques) qui continueront à habiter au Royaume-Uni. Pour l'instant, Theresa May refuse de leur filer, avant d'avoir obtenu les assurances nécessaires pour le 1,2 million de Britanniques qui habitent sur le Vieux Continent.

Cependant, il est plus que probable que les Lords annulent leurs demandes de modifications et disent "oui" au texte en deuxième lecture.

Et pour la suite?

Il ne faut pas se réjouir (ou avoir peur) trop vite, le gros changement n'est pas pour demain. Le Premier ministre irlandais, Enda Kenny, parle plutôt de mercredi, selon L'Écho. Et le responsable du dossier Brexit du parti d'opposition travailliste, Keir Starmer, a réaffirmé que Theresa May voudrait activer l'article 50 mercredi ou jeudi.

Ensuite, l'Union européenne doit aussi donner son avis. Si les deux chambres du parlement britannique acceptent le texte, les dirigeants des 27 pourraient alors se réunir le 6 avril prochain pour définir les grandes "lignes directrices" des négociations à venir. Et là, les choses pourraient se corser, chacun voulant défendre une situation qui lui est profitable. Les Britanniques pourraient profiter des divisions entre Européens, mais ceux-ci devront faire bloc pour défendre leurs droits.

Qu'est-ce qui coince encore?

Outre les deux amendements du texte, un autre sujet brûlant concerne la "facture de sortie de l'UE": combien les Britanniques vont-ils devoir débourser pour partir?

Selon plusieurs députés européens, Bruxelles pourrait leur demander jusqu'à 60 milliards d'euros. Un beau pactole, mais il faut bien que Londres rembourse les engagements qu'il a déjà pris en termes de contribution future au budget de l'UE.

Encore 2 ans de négociations

Enfin, si l'article 50 du Traité de Lisbonne est déclenché demain, il y aura encore deux longues années de négociations avec l'UE pour voir enfin le Brexit aboutir. De plus, l'Écosse, qui a voté à 62 % contre le Brexit, pourrait retarder le processus. Nicola Sturgeon, la Première ministre écossaise, envisage d'ailleurs l'organisation d'un nouveau référendum d'indépendance de l'Écosse, en cas de sortie de l'UE.

Et puis, un échec des négociations et aucun accord sur le Brexit est toujours possible. Theresa May a d'ailleurs toujours dit qu'elle préférait "pas d'accord" à un "mauvais accord". Affaire à suivre de près!

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