Analyse des élections néerlandaises: 8 raisons pour lesquelles elles sont spéciales et un peu bizarres

16 mars 2017

Le VVD de Mark Rutte a remporté les élections aux Pays-Bas mais cette victoire est un peu paradoxale car ils vont perdre huit sièges. Il y a d'autres éléments frappants: jamais un gagnant n'avait remporté si peu de voix. Et il y aussi ceci: il va falloir composer avec 13 partis au Parlement. 

1. 13 partis au Parlement

Les électeurs néerlandais ont fractionné leur vote dans un large panel de partis. Résultat: 13 formations politiques siégeront au Parlement. Ce n'est pas vraiment un record: en 1933, une année de crise pour la démocratie, 14 partis avaient été choisis pour occuper le Parlement.

2. Le plus grand parti n'a jamais remporté si peu de voix

C'est assez surprenant: à part en 2010, jamais le plus grand parti n'avait ramené si peu de voix. Le VVD a ainsi remporté 31 sièges.

Le VVD est bel et bien le vainqueur des élections mais sa victoire est paradoxale puisqu'ils perdent huit sièges.

3. Une coalition de trois partis est impossible

Depuis le début des années 70, on n'avait jamais vu autre chose qu'une coalition tripartite. En effet, derrière le VVD, on retrouve les partis centristes du CDA et du D66 qui sont désormais égaux en terme de voix. Mais avec 19 sièges, le D66 réalise son deuxième meilleur résultat depuis 1994 et son leader Van Mierlo.

4. Les Chrétiens-démocrates ont fait mieux qu'en 2012 mais...

Les Chrétiens-Démocrates (CDA) sont aussi ravis des résultats d'hier. Le leader du parti Sybrand Buma a déclaré que "personne ne pouvait imaginer de tels résultats". Mais dans une perspective historique, ce résultat n'est pas si bon que ça: il n'y a qu'en 2012 que le CDA avait remporté moins de siège.

5. Les partis centristes perdent beaucoup

Le parti travailliste a perdu beaucoup dans ces élections: près de 25 sièges. Même si GroenLinks et ChristenUnie sont inclus dans les partis centristes, ils ont remporté, en moyenne, beaucoup moins de sièges qu'en 2012.

6. Régner ne paie jamais: les partis du gouvernement n'ont pas remporté beaucoup de voix

Les élections ont confirmé que le gouvernement n'est pas au top. Les Pays-Bas s'en sont bien sortis pour sortir de la crise économique sous la houlette de Mark Rutte: le pouvoir d'achat a augmenté, le chômage a diminué et le budget se porte bien. Malgré tout, les partis de la coalition ont été impitoyablement punis. Ils ne remportent en tout que 40 sièges.

Jamais la victoire des partis du gouvernement n'avait été aussi petite. Même les partis de la coalition Kabinet-Kok II, Paars 2, avait fait mieux en 2002. À l'époque, le parti travailliste, le VVD et D66 avaient également perdu énormément mais ils avaient quand même réussi ensemble à remporter 56 sièges. Avec ces élections d'hier, le VVD et le parti travailliste ont perdu ensemble 37 sièges, rien que ça.

7. La gauche n'avait jamais fait pire

Sans le D66, la gauche n'a jamais affiché de résultats aussi médiocres. le PvdA (parti travailliste), GroenLinks et le Parti Socialiste ne réunissent même pas 47 sièges sur 150. Le parti travailliste a réalisé une perte de siège historique.

8. Une sobre victoire

Il est clair que les Hollandais ont choisi la continuité. Ce ne sera pas facile de former sa troisième coalition pour Mark Rutte. Ce sera sans doute une coalition de centre-droit.

Les leaders des partis centristes se sont dis soulagé après les résultats. Ils ont finalement réussi à survivre face au populisme de Geert Wilders. Selon Mark Rutte, c'est un signe que les néerlandais veulent que leur pays reste stable, sûr et prospère.

Le leader du D66, Alexander Pechtold, pense que le chaos provoqué par le Brexit et l'élection de Donald Trump a amené les électeurs a voté dans leur sens: "les Néerlandais ont finalement opté pour la raison".

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