Mais qu'est-ce que la Corée du Nord prépare? Elle a déplacé son matériel pour lancer des missiles

17 mars 2017

Ces dernières semaines, les satellites-espions américains ont vu des choses inquiétantes en Corée du Nord. Pyongyang a déplacé certains équipements qui pourraient servir à tirer un missile balistique intercontinental. Cela leur permettrait de tirer des missiles à moyenne portée et d'atteindre peut-être les États-Unis.

À partir d'images satellites, les États-Unis ont découvert que la Corée du Nord avait déplacé son appareillage de lancement de missiles, sans doute dans le but de tirer un missile intercontinental (ICBM). Les Américains ne pensent pas qu'un tel missile serait capable d'atteindre leur sol, mais son tir serait "très provocateur", a déclaré un responsable américain à CNN.

En fait, le matériel nord-coréen est en train de se mouvoir peu à peu, pour pouvoir lancer des missiles de moyenne portée. Un équipement similaire a d'ailleurs été utilisé en février dernier et ce mois de mars. Reste à voir s'il s'agit encore d'un énième test ou si l'on peut s'attendre à de nouveaux lancements.

Les services du renseignement américain ont également observé une activité anormale aux entrées de tunnels en Corée du Nord. Il se pourrait bien que ceux-ci soient utilisés pour des essais nucléaires souterrains.

Mauvais timing

Cette nouvelle tombe au même moment où le gouvernement de Donald Trump évalue les options possibles pour faire face aux tensions dans la région.

L'année dernière, la Corée du Nord a réalisé deux essais nucléaires. Le régime de Pyongyang prétend avoir parfaitement réussi à placer des ogives nucléaires (qui contiennent la charge explosive) sur les missiles. Les experts en doutent, mais ils reconnaissent que le pays n'en est pas loin, ce qui suscite la crainte de ses voisins, le Japon et la Corée du Sud, particulièrement.

Une nouvelle approche diplomatique

Le secrétaire d'État américain, Rex Tillerson, est actuellement en visite dans la région. Il est aujourd'hui à Séoul, la capitale de la Corée du Sud, pour tenter de calmer un peu les esprits.

Tillerson préconise une nouvelle approche pour répondre de concert au programme nucléaire de la Corée du Nord. On ignore encore exactement sa teneur, mais Tillerson s'est voulu rassurant hier en visite au Japon. "La Corée du Nord et ses habitants n'ont rien à craindre des États-Unis ou de ses voisins dans la région", a-t-il déclaré.

Il a toutefois souligné que l'approche diplomatique américaine de ces vingt dernières années avait échoué, jusqu'à susciter la colère de la Corée du Nord.

"Une réponse efficace et écrasante"

En février dernier, le secrétaire d'État à la Défense de Trump, James Mattis, avait menacé qu'une attaque nucléaire nord-coréenne contre les États-Unis ou leurs alliés entraînerait une réponse "efficace et écrasante".

Cela fait des années que le gouvernement américain cherche une solution au problème. Des experts de l'armée américaine craignent qu'une intervention militaire conduise à des tirs dévastateurs de missiles sur toute la ville de Séoul.

Pourquoi en Corée du Sud? Parce que les Américains ont commencé à déployer là-bas un système de défense antimissile à haute altitude, le THAAD (ou Terminal High Altitude Area Defense). Il serait destiné à abattre des missiles tirés depuis la Corée du Nord. La Chine est furieuse à ce sujet, car elle considère que le THAAD pourrait réduire l’efficacité de ses propres missiles, et donc constituer une menace pour sa sécurité nationale.

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