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Il n'est pas exclu que la grève des éboueurs à Bruxelles soit prolongée et voici pourquoi

20 mars 2017

La réforme des déchets voulue par Fadila Laanan (PS), Secrétaire d'État bruxelloise chargée de la Collecte et du Traitement des déchets, a beaucoup de mal à se mettre en place. Si pour elle, cette réforme facilite la vie des habitants de la capitale, on entend clairement pas le même son de cloche de la part des travailleurs. On a posé nos questions à Michel Piersoul, responsable SLFP pour Bruxelles-Propreté. Histoire de comprendre plutôt que de se plaindre.

Tu es peut-être directement concerné: trois des plus grands dépôts de la capitale sont en grève ce lundi. C'est pour cette raison que tes déchets gisent sur ton trottoir aujourd'hui. En cause, la réforme de la collecte des déchets mise en place par la secrétaire d'État Fadila Laanan (PS).

Depuis le 1er janvier 2017, les sacs oranges ont fait leur joyeuse entrée et les sacs bleus et jaunes, auparavant récoltés tous les quinze jours, le sont maintenant toutes les semaines, en même temps que la deuxième fournée de tes sacs blancs. Bref, tout est plus simple pour toi maintenant, tu ne dois plus descendre le soir pour te débarrasser de tes PMC et de tes cartons, tout se fait le même jour.

Deux motifs de mécontentement

Sauf que du côté des éboueurs, c'est l'inverse, tout est devenu plus compliqué. On a contacté Michel Piersoul, responsable SLFP pour Bruxelles-Propreté, pour tenter de comprendre les motifs de la grève. Le syndicaliste voit deux gros problèmes à cette réforme.

Après deux ans de concertation sur la réforme, Michel Piersoul rappelle préalablement que les trois syndicats ont émis un avis négatif concernant ce nouveau plan déchets. D'abord car "il n'y a pas eu d'analyse des risques sur les nouvelles conditions de travail, comme le prévoit le code du bien-être", concrètement, il s’agissait d'étudier les nouvelles tournées et leur pénibilité (longueurs des tournées, kilomètres effectifs du travailleurs...). Ensuite, Michel Piersoul nous indique que "deux nouvelles tranches horaires ont été imposées aux travailleurs sans concertation". Or, quand il s'agit de modifier le plan de travail dans le cadre d'une service public, cela doit se faire de manière unanime.

Fadila Laanan, "pas une femme de dialogue"

Résultat: 30 camions sur 115 n'ont pas quitté les trois dépôts. "On a été patients depuis trois mois en essayant de se concerter avec la ministre mais ça n'a rien amené", déplore toujours Michel Piersoul. "Fadila Laanan dit qu'elle est une femme de dialogue, mais elle ne l'est pas. En tout cas, nos propositions n'ont pas été entendues."

Un exemple concret? "Les déchets organiques sont enlevés en même temps que les déchets verts l'après-midi alors que les blancs le sont le matin. Vous avez donc des déchets qui puent et se détériorent plus rapidement qui restent sur le trottoir. On va arriver au printemps et en été, je vous laisse imaginer la suite...".

Parti pour durer?

La grève est donc partie pour durer? "Comment Fadila Laanan peut-elle discuter de la pénibilité des travailleurs avec moi alors qu'elle n'a pas fait d'analyse des risques." "Nous discuterons donc demain avec les travailleurs mais il n'est pas exclu que la grève se prolonge demain. Quand vous avez 30 camions sur 115 seulement, ça veut dire que les travailleurs sont motivés."

Quelques clichés pris ce midi dans le centre de Bruxelles

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