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Les programmes à la loupe: que disent les candidats à la présidentielle en France sur... l'immigration

21 avril 2017

Troisième jour de notre série sur la semaine présidentielle! Dans deux jours, les Français se rendront aux urnes pour désigner les deux candidats qui s'affronteront lors du second tour. Pour que tu saisisses bien les programmes de chacun, on te propose de s'attarder sur des thématiques importantes. Ce jeudi, on s'intéresse à la question de l'immigration. Et là aussi, les chacun des candidats y va de ses propositions. Tour d'horizon.

Selon les chiffres officiels fournis par le ministère de l'Intérieur, la France accueille en moyenne chaque année 200.000 immigrés. Un chiffre bien trop important pour certains candidats à l'élection présidentielle. La thématique de l'immigration a été très présente dans cette campagne et les propositions ont fusé de tous les côtés. Pour y voir plus clair, voici les mesures des cinq principaux candidats.

Des quotas d'immigration comme principale solution pour Marine Le Pen...

Pendant longtemps il a été reproché à la candidate du Front National de vouloir "fermer les frontières". Elle assume vouloir rendre "la France aux Français" mais a précisé pour les frontières vouloir les "contrôler". Je vais mettre en place une politique dissuasive d'immigration. Ils ne voudront plus venir en France, ils n'y trouveront rien. Ils ne pourront jamais être régularisés, aucun clandestin ne sera régularisé".

En terme de mesures, cela se traduirait par l'instauration de quotas d'immigration, pour arriver à un "solde positif" de 10.000 immigrés légaux. Elle a même durci sa ligne en évoquant dernièrement un "moratoire sur toute l'immigration légale pour arrêter ce délire, cette situation incontrôlée qui nous entraîne vers le fond". En clair, l'immigration serait bloquée pendant plusieurs semaines "le temps de faire un point". Marine Le Pen veut également rendre impossible la naturalisation d'immigrés en situation illégale en France et supprimer le droit du sol.

... et François Fillon

François Fillon s'accorde avec sa rivale sur la question des quotas d'immigration. "La France doit non seulement lutter contre l’immigration illégale, mais elle doit aussi réduire son immigration légale au strict minimum", a-t-il assuré. Dans son programme, il explique que les quotas dépendront de la capacité d'accueil de la France, se gardant bien d'avancer des chiffres comme Marine Le Pen. Il souhaite durcir le droit du sol et les conditions d'attribution de la nationalité française également.

Autre mesure choc du programme du candidat des Républicains: la possibilité de choisir "les régions du monde vers lesquelles nous voulons nous tourner" pour l'immigration. Fillon voudrait autoriser les statistiques ethniques (interdites en France) pour connaître "la réalité du peuplement" afin de savoir si les ressortissants de tel ou tel pays pourraient ensuite être autorisés à immigrer en France. L'objectif? "Ne pas subir une immigration qui ne viendrait que d’une seule région du monde, qui serait déconnectée de nos besoins économiques et nos possibilités sociales."

Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon: favoriser l'accueil des migrants

Les deux candidats de gauche sont d'accord sur la question de l'accueil des migrants. Dans son programme, Mélenchon explique la mission de la France est notamment d'"assumer notre devoir d’humanité envers les réfugiés arrivant en Europe". Il promet notamment la régularisation de tous les travailleurs sans papier. Il veut conserver le droit du sol et faciliter les conditions d'accès à la nationalité française pour les personnes présentes légalement sur le territoire: tout le contraire de Marine Le Pen et François Fillon. Sa ligne concernant l'immigration a toutefois évolué: lors de la campagne de 2012, l'immigration "n'était pas un problème" pour lui. En 2017, il veut "lutter contre les causes des migrations".

Pour Hamon, la France peut accueillir plus de migrants qu'elle ne le fait actuellement: "Nous n'avons pas été à la hauteur quand nous en avons accueilli si peu. Nous pouvons accueillir davantage", a-t-il assuré en janvier lors du débat pour la primaire socialiste. Opposé aux quotas d'immigrations, il souhaite aider les migrants à travailler plus rapidement en France: "Je donnerai aux demandeurs d’asile une autorisation de travailler après trois mois de présence sur le territoire et renforcerai les moyens affectés à l’accès à l’apprentissage de la langue française", explique-t-il dans son programme. Autre mesure phare: la création d'un titre de séjour pour les personnes en détresse humanitaire, qui leur assurerait un "accueil et une protection temporaires" en France.

Emmanuel Macron: l'intégration et l'accueil des talents étrangers

Pas de quotas sur l'immigration ou de promesses pour accueillir plus de migrants pour Emmanuel Macron. "Il faut regarder les faits. Contrairement à ce que certains disent, nous ne sommes pas aujourd’hui confrontés à une vague d’immigration. Un peu plus de 200 000 titres de séjour ont été octroyés l’année dernière, ce n’est pas un tsunami que nous ne saurions freiner", explique-t-il, refusant de céder au catastrophisme. Il n'évoque aucun changement concernant le droit du sol ou le rassemblement familial.

Dans son programme, le candidat d'En Marche! insiste sur "l'intégration" des personnes déjà présentes en France, avec notamment une formation linguistique. Macron veut surtout favoriser l'immigration de "talents", par exemple en allégeant les conditions pour obtenir un "visa talent", réservés aux créateurs d'entreprise, aux investisseurs, aux chercheurs ou aux artistes étrangers. Concernant les réfugiés, l'ancien ministre de l’Économie, veut être "juste": "La France doit être à la hauteur de sa tradition historique d’accueil, tout en se montrant, dans des conditions toujours dignes, inflexible avec les personnes qui ne remplissent pas les conditions de séjour sur notre territoire".

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