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Emmanuel Macron a réussi son pari: botter les fesses de la droite et la gauche à l'élection présidentielle

23 avril 2017

Personne ne l'aurait vu venir il y a encore un an. Mais Emmanuel Macron a bien viré en tête à l'issue du premier tour de l'élection présidentielle française. À 39 ans, avec une expérience politique minime comparé à certains de ses rivaux et sans appui des partis historiques à la base, cet ancien banquier d'affaires a réussi son incroyable pari.

En 2008, Emmanuel Macron devenait banquier d'affaires au sein de la banque Rothschild, qu'il quittera en 2012. Neuf ans plus tard, il est en tête du premier tour de l'élection présidentielle française et est le grand favori des sondages en vue du second tour, où il affrontera Marine Le Pen. Un parcours incroyable: à 39 ans, il pourrait devenir le plus jeune président de la Ve République. Une chose sur laquelle personne n'aurait pu parier il y a encore un an.

En Marche! et rassemblement

Mais depuis, Emmanuel Macron s'est émancipé. Encarté au PS à partir de 2006, il est entré au gouvernement comme secrétaire général adjoint du cabinet de François Hollande en 2012, avant d'être "promu" ministre de l’Économie en août 2014. Un poste qu'il quittera deux ans plus tard après avoir créé son parti En Marche!, avec la volonté de se présenter à l'élection présidentielle. Un parti qui se targue d'avoir environ 260.000 adhérents désormais.

Dès le début, il a annoncé la couleur: il veut aller au delà du clivage habituel "droite-gauche" en France. Un clivage rejeté par les Français à l'issue de ce premier tour: ni le PS, ni les Républicains ne seront au deuxième tour.

Macron se veut rassembleur et a parvenu à s'attirer les soutiens de François Bayrou, l'habituel candidat centriste du Modem qui s'est rapidement rallié à lui, mais aussi de ministres du gouvernement actuel, ou même de Manuel Valls, l'ancien Premier ministre battu par Benoît Hamon à la primaire citoyenne du PS. Même Charles Michel, avec qui il a dîné en mars dernier, semble être derrière Macron: le Premier ministre belge a rapidement tweeté pour le féliciter après les résultats du premier tour.

Européen convaincu

Il faut dire que Michel et Macron partagent la même vision de l'Europe. Européen convaincu, ce qui le différencie notamment de Marine Le Pen, le candidat d'En Marche! affirme dans son programme vouloir travailler sur six axes principaux: l'éducation et la culture, la société du travail, la modernisation de l’économie, renforcer la sécurité de la nation, le renouveau démocratique et les relations internationales.

Parmi ses principales propositions, il souhaite réaliser 60 milliards d'euros d'économie, en réduisant notamment le nombre de fonctionnaires et les dotations aux collectivités territoriales. Il n'a pas évoqué un changement concernant le SMIC ou sur la durée légale du travail, mais les salariés devraient payer moins de cotisations sociales et tout le monde devrait bénéficier du même régime de retraite, une mesure forte. Comme le rappelle Libération, sa politique fiscale se fera notamment en faveur des entreprises avec: "exonération de cotisations sociales sur les heures supplémentaires, baisse de l’impôt sur les sociétés, suppression de l’ISF (remplacé par un impôt sur le patrimoine immobilier uniquement)."

En plus de vouloir réduire le nombre de députés et de sénateurs, il souhaite interdire aux parlementaires la possibilité d'engager des membres de leur famille, histoire d'éviter une nouvelle "affaire Fillon". Au niveau écologique, il ne souhaite pas sortir du nucléaire mais souhaite faire de la France le "leader mondial" de la recherche sur la transition environnementale

Pour certains, il reste toutefois "le candidat de François Hollande", comme l'a de nouveau souligné Marine Le Pen dans son discours ce dimanche soir. Ou comme "le candidat des banques" en raison de son parcours.

Une victoire facile le 7 mai?

Des attaques qui ne l'ont pas empêché de compter sur un énorme soutien populaire. Rapidement bien placé dans les sondages, il a longtemps fait la course en tête avec Marine Le Pen, qu'il retrouvera au deuxième tour le 7 mai prochain.

S'il ne faut pas se fier aveuglément aux résultats de ces sondages (coucou Hillary Clinton), tous le donnent également gagnant au deuxième tour. C'était le cas contre n'importe quel candidat. Mais encore plus contre Marine Le Pen.

Les principaux instituts de sondage le plaçaient à minimum 60% d'intention de vote dans le cas d'un deuxième tour contre Marine Le Pen (voir ci-contre). Ses rivaux François Fillon et Benoit Hamon ont d'ores et déjà appelé à voter "contre le FN" et donc pour Macron. Les deux prochaines semaines de campagne s'annoncent intenses, avec notamment un débat d'entre-deux-tours entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen où les punchlines devraient s'enchainer.

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