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Le bulletin de vote qui achève Fillon: un électeur a mis dans l'urne un billet de 50 euros avec la mention "pour Pénélope"

24 avril 2017

Le candidat des Républicains, François Fillon, partait pourtant le grand favori à l'élection présidentielle française. Mais le "Pénélopegate" a éclaté et a fini par faire couler sa campagne. Il aurait ainsi embauché sa femme comme assistante parlementaire, en lui versant un salaire mirobolant sans qu'elle ait beaucoup à travailler. Ce dimanche, Fillon a perdu le premier tour, et un électeur parisien lui a subtilement montré pourquoi.

Ce dimanche, dans le quinzième arrondissement de Paris, un électeur a glissé dans l'urne un billet de 50 euros, avec la mention "pour Pénélope".

Plus symbolique, on ne fait pas. Et comme François Fillon a perdu hier soir le premier tour des élections présidentielles, ce geste ajoute encore à sa cuisante défaite. Cela lui rappelle pourquoi sa campagne s'est soldée par un échec.

Pénélopegate

Face à Alain Juppé, Fillon avait remporté haut la main les primaires de la droite et du centre en novembre dernier. Pour les élections présidentielles, il disposait d'une confortable avance dans les sondages. Mais ses vieilles casseroles l'ont vite rattrapé.

Le 1er février, le Canard Enchaîné a révélé l'affaire qui aura eu raison de sa campagne. À plusieurs reprises, entre 1988 et 2007, il aurait embauché sa femme Pénélope comme assistante parlementaire. Le souci, c'est qu'elle aurait gagné des sommes astronomiques... pour ne rien faire. On parle de 830.000 euros. Aucun des Fillon n'est parvenu à fournir une explication décente à ce scandale. Que du contraire, le Républicain s'est enfoncé un peu plus chaque jour, noyé par d'autres scandales.

Tout bénéf pour Emmanuel Macron, le candidat de son propre mouvement En Marche!. C'est d'ailleurs lui le grand vainqueur du premier tour, avec 23,8 %. Il affrontera la candidate du Front National, Marine Le Pen (21,43 %), au second tour.

"Complot institutionnel"

Pour se défendre, Fillon s'est enfoncé de plus belle. Il a accusé le président François Hollande de l'avoir mis sur écoute, et le gouvernement d'instrumentaliser la justice pour "assassiner" la droite. Il s'en est aussi pris aux médias et aux journalistes, en parlant de "complot institutionnel" et de "coup monté".

Sa défaite est aussi cuisante qu'historique, car jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, les Républicains n'avaient été évincés du second tour des élections présidentielles. Finalement, Fillon appelle donc à voter pour Macron: "Il n'y a pas d'autre choix que de voter contre l'extrême droite".

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