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Fake news sur le Kazakhgate: un média s'invite au dossier et tente d'innocenter Chodiev

5 mai 2017

L'excellent magazine d'investigation Médor, en collaboration avec Apache , a mené une enquête qui montre l'étendue du dossier Kazakhgate et les pressions qui s'y jouent. Un étrange média nommé Open Source Investigations balance depuis quelques semaines des articles sur le Kazakhgate. Problème: ils visent tous à innocenter Patok Chodiev.

Si tu n'a rien suivi à l'affaire du Kazakhgate, on te propose au préalable une séance de rattrapage à voir ici.

Ce dossier ressemble de plus en plus à une affaire d'Etat: la Belgique, via Armand De Decker (MR), aurait facilité le passage d'une loi sur la transaction pénale dont a bénéficié, juste à temps, le milliardaire kazakh Patoch Chodiev. Le souci c'est que la pression viendrait de la France qui devait signer un contrat juteux avec le Kazakhstan, pour la vente d'hélicoptères.

Depuis quelques semaines, alors que l'étau se resserre autour d'Armand de Decker (MR) et même de Didier Reynders (MR), un mystérieux média d’investigation, l'Open Source Investigations, tente de jeter le trouble en balançant des articles qui innocentent Patok Chodiev et qui connaissent un certain succès sur Facebook. C'est en tout cas ce que rapporte le magazine belge Médor.

Pas à son coup d'essai

Le magazine détaille que l'OSI n'est pas à son coup d'essai. Cette mystérieuse bande de "journalistes" anonymes a déjà écrit dans le cadre de la campagne électorale au Ghana (2016) et en Serbie (2017) en essayant d'influencer la campagne, sans succès. Le média apparaît aussi dans le conflit syrien en véhiculant des fake news pro-russes. Enfin, l'OSI foutu un sacré bordel en Malaisie, décrédibilisant une blogueuse qui avait révélé un scandale de corruption majeur.

"Vous ne trouverez jamais qui est derrière ce site", prévient-elle à Médor. Clare Rewcastle-Brown explique aussi sur son blog comment elle a fait l'objet de manipulations et d’infiltration. Dont un contact étrange à Genève avec un certain Mark Hollingsworth.

Des journalistes belges contactés

C'est ce même individu qui s'est présenté en tant que journaliste britannique ayant travaillé pour les plus grands médias de son pays. Il a contacté personnellement des journalistes d'investigation belges (Le Soir, Apache, Médor) qui travaillent sur le dossier Chodiev, pour en obtenir des informations. Ils ne sont pas légions à s'intéresser de près à cette affaire.

Alain l'Allemand, journaliste d'investigation depuis plus de 20 ans au Soir, raconte sa mésaventure à Médor: “Il s’est présenté à moi comme le biographe de Patokh Chodiev. Il s’est montré extrêmement insistant, mais je n’y ai pas donné suite. Je n’ai jamais eu confiance. S’il y avait un biographe, cela se saurait”.

Chez Médor même topo. Ce qui a mis la puce à l'oreille du magazine c'est la demande du supposé journaliste indépendant d'intégrer l'ICIJ, le consortium des journalistes d'investigation, sans que son nom soit mentionné. L'homme, identifié, est coutumier de ce genre de méthodes. Son nom apparaît ainsi dans un scande politico-médiatique en Irlande. Il a utilisé les mêmes techniques d'approche auprès de l'Irish Times.

Le club de Mediapart

D'autres articles qui tentent d'innocenter Patock Chodiev ont fait également leur apparition sur le club de Mediapart. C'est un espace réservé aux blogueurs du site d'information.

Médor y découvre un certain Jérémy Dudouet, qui diffuse les mêmes informations qu'OSI, notamment le fait que c'est la Société Générale qui aurait bénéficié en premier de la loi sur la transaction pénale. Et que Patock Chodiev était là au mauvais endroit au mauvais moment. Ces deux sources douteuses s'en sont aussi prises personnellement à Dirk Van der Maelen, qui n'est autre que le président de la commission d’enquête sur le Kazakhgate.

Tout ceci montre ce qui se joue en coulisses dans ce dossier.Et on a pas fini d'en entendre parler. Cela fait en tout cas écho à la vague de fake news propagées sur la campagne présidentielle américaine et puis française. Une nouvelle arme en quelque sorte, et qui se diffuse en masse sur les réseaux sociaux.

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