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Nicolas Hulot, François Bayrou...: voici la composition un peu surprenante du gouvernement Macron

17 mai 2017

Ça y est, le nouveau secrétaire général de l'Élysée, Alexis Kohler, a dévoilé la liste des 15 ministres et les secrétaires d'État qui composeront le gouvernement d'Emmanuel Macron. Il y a quelques surprises (Nicolas Hulot), mais beaucoup de noms étaient attendus (Bruno Le Maire, Jean-Yves Le Drian, Gérard Collomb, François Bayrou...).

Deux jours après sa nomination, le Premier ministre, Édouard Philippe, a passé une journée très chargée. Il est arrivé à 13 heures à l'Élysée pour boucler la composition du gouvernement d'Emmanuel Macron. À 15 heures tapante, le nouveau secrétaire général de l'Élysée, Alexis Kohler, balançait alors la liste officielle. Il y a 22 membres: 15 ministres, leurs secrétaires d'État, 11 hommes et 11 femmes. Petit tour de table.

La première surprise est Nicolas Hulot. À 62 ans, l'ancien animateur télévisé (Ushuaïa), journaliste et écrivain super écolo a enfin accepté un poste dans un gouvernement, après trois refus.

Son nom a été cité en deuxième position, au poste de ministre de la Transition Écologique et Solidaire. Il succède à Ségolène Royal, et c'est un message fort pour l'écologie.

Cette personnalité adulée des Français posait beaucoup d'exigences pour entrer dans un gouvernement (surtout parce qu'il voyage beaucoup à travers le monde). François Hollande le voulait déjà à ses côtés, mais il avait seulement accepté le poste de conseiller spécial. C'est donc une victoire pour Emmanuel Macron d'avoir réussi à l'intégrer dans son gouvernement.

Une autre surprise est François Bayrou.Il a été nommé ministre de la Justice et Grade des Sceaux. Il n'incarne pas vraiment le renouveau politique que souhaite Macron, puisqu'il a déjà été ministre de l'Éducation nationale sous trois gouvernements de droite entre 1993 et 1997.

Ex-président de l'UDF, il a créé son propre parti du centre: le Mouvement démocrate (MoDem).

C'est un poids lourd en politique qui hérite d'un portefeuille conséquent. Il sera d'abord en charge de la future loi de la moralisation de la politique, chère à Emmanuel Macron. C'est un petit clin d'oeil à François Fillon et au Penelopegate, puisque cette mesure doit, entre autres, empêcher les parlementaires d'engager et de rémunérer des membres de leur famille.

Gérard Collomb a, lui, été nommé ministre de l'Intérieur. Son nom était déjà connu quelques heures à l'avance. Il n'a jamais été ministre, mais est sénateur et maire de Lyon depuis 40 ans. Il est de gauche et appartient au Parti Socialiste. C'est un choix stratégique de la part de Macron, Collomb étant proche de lui en terme politique. Il existe également une relation de confiance forte entre eux deux.

Jean-Yves Le Drian prend le poste de ministre de l'Europe et des Affaires Étrangères. À 69 ans, ce dinosaure en politique (de gauche), qui a été ministre de la Défense sous François Hollande, n'incarne pas vraiment le renouveau politique. À noter que son portefeuille est unique et comprend deux tâches: l'Europe et les Affaires Étrangères. Ce qui montre encore la volonté de Macron d'axer sa politique sur le renouveau de l'Europe. C'est aussi un gros défi face à la menace terroriste toujours présente.

Bruno Le Maire est nommé ministre de l'Économie. Ce n'est pas une grosse surprise, on s'attendait à entendre son nom. Il est de droite et membre des Républicains. À 48 ans, il a déjà occupé les fonctions de secrétaire d'État aux Affaires européennes de 2008 à 2009, puis de ministre de l'Agriculture. Il a tenté de décrocher la présidence de l'UMP en 2014 face à Nicolas Sarkozy. Sans succès. Il s'est ensuite présenté à la primaire de la droite et du centre, en vue de l'élection présidentielle de 2017, mais il n'a pas réussi à se qualifier au second tour. Il n'avait totalisé que 2,38 % des voix, seulement.

Muriel Pénicaud devient, elle, ministre du Travail. À 62 ans, cette dirigeante d'entreprises (actuellement de Business France, l'agence nationale au service de l’internationalisation de l’économie française, et anciennement au sein du groupe Danone) aura du pain sur la planche, puisque Macron entend réformer et flexibiliser le travail dans les premiers mois de son mandat.

Enfin, les autres noms sont:

- Richard Ferrand: ministre de la Cohésion des territoires. Il vient du Parti Socialiste.

- Sylvie Goulard: ministre de la Défense et des Armées. Elle est issue du parti du centre de François Bayrou, le Mouvement démocrate.

- Agnès Buzyn: ministre des Solidarités et de la Santé. Médecin et professeure d'hématologie, elle est une représentante de la société civile, très reconnue dans le milieu médical.

- Françoise Nyssen: ministre de la Culture. Belge de naissance, elle est aussi issue de la société civile, puisqu'elle est éditrice et patronne de la maison d'édition Actes Sud.

- Jean-Michel Blanquer: ministre de l'Education nationale. À 52 ans, c'est un spécialiste de droite de l'enseignement. Deux fois recteur, il dirige désormais l’Essec, l'une des trois meilleures écoles de management françaises.

- Jacques Mézard: ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation. Il est issu du Parti radical de gauche.

- Gérald Darmanin: ministre de l'Action et des Comptes publics. Il est issu du parti des Républicains et est maire de Tourcoing.

- Annick Girardin: ministre des Outre-Mer. Elle vient du Parti radical de gauche, tout comme Jacques Mézard. À 52 ans, elle est engagée en politique à Saint-Pierre-et-Miquelon.

- Laura Flessel: ministre des Sports. À 45 ans, elle est une escrimeuse de renom: championne olympique, six fois championne du monde et une fois championne d'Europe.

- Elisabeth Borne: ministre chargée des Transports.

- Frédérique Vidal: ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. À 53 ans, elle est avant tout chercheuse et professeure en biologie et biochimie à l'université.

- Marielle de Sarnez: secrétaire d'État chargée des Affaires européennes, auprès du ministre de l'Europe (Jean-Yves Le Drian). Elle vient aussi du parti du centre de François Bayrou, le Mouvement démocrate.

- Christophe Castaner: secrétaire d'État chargé des relations avec le parlement et porte-parole du gouvernement. Il vient du Parti Socialiste.

- Sophie Cluzelle: secrétaire d'État chargée des personnes handicapées. Elle est active dans le domaine associatif qui soutient les personnes handicapées.

- Marlène Schiappa: secrétaire d'État chargée de l’égalité des femmes et des hommes. Elle est blogueuse et militante pour les droits des femmes. À 34 ans, elle est jeune et issue de la société civile, même si elle est adjointe apolitique au maire PS du Mans.

- Mounir Mahjoubi: secrétaire d'État en charge du numérique. À 33 ans, il est le plus jeune membre du gouvernement, dont la moyenne d'âge dépasse les 54 ans.

Le président centriste fraîchement élu voulait un gouvernement "de droite et de gauche", pour tenir sa promesse de "renouvellement politique". Et c'est à peu près ce qu'il en est: 22 membres, une parité exacte d'hommes et de femmes, des représentants de droite, de gauche, du centre et de la société civile. Au boulot, maintenant!

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