MR et Écolo au front pour faire la lumière sur la gestion du Samusocial, "une ASBL aux mains du PS bruxellois"

7 juin 2017

Bonne gouvernance, acte III. Après le dossier Publifin liégeois et l'ISPCC carolo, faites place au Samusocial bruxellois. Patrick Dupriez (co-président d'Écolo) et Vincent De Wolf (chef de groupe MR au parlement bruxellois) ont répondu à nos questions. Ils veulent éclaircir le dossier en proposant une mesure à court et moyen terme et faire la lumière sur la responsabilité d'Yvan Mayeur (PS). La commission d'enquête proposée par Écolo vient d'être acceptée.

La première interrogation qui nous vient à l'esprit est: se trouve-t-on dans la même situation que Publifin avec cette affaire du Samusocial bruxellois? "Ça y ressemble" nous dit Vincent De Wolf (MR). "Même s'il faut rester prudent. Nous ne disposons pas encore de pièces concrètes dans ce dossier". Il poursuit: "Mais on a des déclarations contradictoires de l'ancienne dirigeante qui parle de jetons dans un premier cas - pour expliquer les rémunérations - et de forfaits dans un second cas. Ce n'est pas du tout la même chose. Les tergiversations font penser au dossier Publifin".

Patrick Dupriez (Écolo) a des mots plus durs: "On a affaire à un dossier où se concentrent un manque évident d'éthique et de moral, des pratiques qui sont en partie illégales - on le verra dans la suite du processus - et des comportements qui sont basés sur la cupidité. Alors vraiment je pèse mes mots, il s'agit d'avidités d'argent et de pouvoir jusqu'à la nausée, jusqu'au dégoût". Ce qui énerve au plus haut point le co-président d’Écolo, c'est que cette nouvelle affaire jette l'opprobre sur tout le monde politique, qui n'avait pas besoin de cela. "Le résultat en termes d'image de la politique est plus que déplorable, cette image est scandaleusement abîmée, et ce au détriment de l'ensemble des élus".

Pour sa part, le chef du MR au parlement bruxellois veut faire passer un premier message: d'abord que le personnel du Samusocial "n'est absolument pas remis en cause. Ils font un boulot remarquable, difficile et de terrain". Le même son de cloche est apporté par Écolo.

Double mesure

Pour faire la lumière sur ce dossier, Vincent De Wolf a présenté ce mercredi midi au gouvernement bruxellois une demande de commissaire spécial qui intégrerait de manière indépendante la structure du Samusocial. Le tout "pour contrôler les dépenses, les décisions et mettre l'ASBL sous tutelle rapprochée". Une demande à court terme soutenue par Écolo, selon le responsable politique.

De son côté Écolo a proposé une commission d'enquête au sein du parlement bruxellois, elle-même soutenue par le MR. Cette double proposition est en discussion à l'heure d'écrire ses mots, et la commission d'enquête a été acceptée ce mercredi à l'unanimité selon Le Soir, qui parle d'un délais de trois semaines: "Cette commission permettra d'entendre les membres du personnel qui ont des informations à transmettre et d'avoir accès à l'ensemble des documents comptables". On pourra donc voir si les informations transmises par Pascale Peraïta sont justes ou pas, comme l'a affirmé la RTBF.

"Une ASBL aux mains du PS bruxellois"

Vincent De Wolf met aussi en cause la responsabilité du gouvernement bruxellois qui "a versé au moins dix millions d'euros pendant des années sans opérer le moindre contrôle. Je ne comprends pas la négligence du gouvernement à cet égard". Il vise ici plus particulièrement Céline Frémault (CDH) et Pascal Smet (SP.A), qui gèrent l'aide aux personnes dans le cadre de leur mandat.

Dupriez va plus loin: "Au delà du contrôle qui n'a visiblement pas été exercé, on a une ASBL qui est entre les mains du PS bruxellois, le PS de Bruxelles Ville. Ce n'est pas normal en termes de gouvernance mais aussi en termes de politique dans le sens noble du terme (...). La mission du Samusocial est essentielle et mérite d'être appréhendée au niveau régional et pas au niveau du PS bruxellois".

Et le bourgmestre Yvan Mayeur dans tout ça, les deux responsables politiques demandent-ils sa démission? Pour De Wolf, "il faut laisser le temps au temps. De voir les choses qui se sont produites ou pas produites. Mais il est évidemment écœurant de constater qu'éthiquement certaines personnes aux mandats élevés perçoivent encore des jetons (ou des forfaits) supplémentaires". Pour Patrick Dupriez, "s'il y a bien eu des jetons de présence pour des mandataires déjà très bien rémunérés, si ces jetons étaient distribués pour des réunions inexistantes - une dizaine par mois même pendant les vacances - s'ils ont dépassé le plafond des rémunérations de 150% des mandats privés - qui par ailleurs sont remis en cause même par Onkelinx (PS) - s'il s'avère qu'ils ont menti, alors là c'est clair que leur situation serait intenable. La confiance serait fondamentalement rompue".

Réorientation des moyens?

Au delà des responsabilités politiques, Patrick Dupriez veut revoir la manière dont est subventionnée le Samusocial qui "phagocyte" une série de budgets qui pourraient être destinés à un tas d'associations qui ne bénéficient pas de subventions. Des associations qui sont plus dans la prévention au contraire du Samusocial qui est plus dans la réaction. "Structurellement, même s'il a son importance, le Samusocial ne fait pas baisser le nombre de sans-abris à Bruxelles. Donc pensons aussi à une réorientation des moyens pour régler les problèmes structurels."

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