Le PS va-t-il sauver sa peau? Magnette soutiendra Di Rupo jusqu'au bout et accélère les choses sur le décumul intégral

14 juin 2017

Non. Elio Di Rupo ne démissionnera pas de son poste de président de parti. Paul Magnette, qui l'a pleinement soutenu mardi au JT, veut néanmoins accélérer les choses en matière de transparence: il propose un décumul intégral et la publication totale des revenus, que ça soit pour un mandat public ou privé. Pour quand? Le 2 juillet a annoncé Elio Di Rupo dans la foulée. Suffisant pour sortir le PS de la crise?

Mardi soir, Paul Magnette et Elio Di Rupo ont esquissé une sortie de crise. En duo, le premier est venu défendre le second au JT de la RTBF. Ensuite, c'est le second qui est venu préciser l'intention du premier par un tweet. Magnette a défendu son président de parti, insistant sur le fait qu'il "ne s'agissait pas d'une histoire d'hommes mais d'idées". Non. Elio Di Rupo ne quittera pas son poste: "Il a été élu jusqu'en 2019. Je veux qu'il continue, il est là pour agir et a tout le poids pour le faire. Je ne ferai pas de coup d’État, je ne suis pas candidat, je soutiens Elio Di Rupo". Difficile de faire plus clair.

Décumul et transparence des rémunérations

Face aux affaires qui torpillent son parti, Paul Magnette a annoncé un décumul total des mandats au sein du PS "d'ici la fin de l'été". Di Rupo, en discussion avec Laurette Onkelinx, est venu préciser que ce sera pour le 2 juillet. C'était pourtant une chose encore impensable il y a quelques semaines, voire quelques jours. Il s'agit donc du décumul entre les fonctions parlementaires et exécutives communales (bourgmestre, échevin, président de CPAS).

Ce décumult avait déjà été discuté en interne lors "rassemblement militant" du samedi 3 juin. La base du parti et jeunes PS ont fait comprendre que les choses devaient changer en matière de décumul. Et qu'il ne fallait pas attendre les élections de 2024. L'affaire du Samusocial aura donc servi d'accélérateur: le décumul s'appliquera au sein du Parti Socialiste dès les élections communaes de 2018 et les élections législatives-régionales-européennes de 2019.

Paul Magnette va même un peu plus loin: il veut que chaque élu publie ses rémunérations autant pour son mandat public que pour ses activités liées au privé. Il suggère aussi de limiter dans le temps les hautes fonctions du pays comme celle du premier ministre ou le poste de président de région (le sien). Il ne veut pas "faire de la politique un métier".

Suffisant pour sauver le PS?

Ok sur papier, c'est un message fort que Paul Magnette envoie aux militants. Mais est-ce que ce sera vraiment suffisant pour convaincre les électeurs? Le président de la région wallonne a un plan: "C’est simple, on doit revenir au socialisme des origines, au service des gens, et nous devons être exemplaires." Pas encore KO, Paul Magnette s'est même permis de titiller ses opposants: "Le MR et la N-VA ne veulent pas du mandat unique, ils sont dans un autre monde, j’espère malgré tout que nous pourrons dégager une majorité au Parlement, mais nous n’attendrons pas, le PS appliquera la réforme de toute façon, très vite."

Dans un autre monde. Il serait quand même bon de rappeler que le scandale de la carolorégienne à Charleroi a éclaté en 2005. Déjà à cette époque, Elio Di Rupo disait qu'il en avait "marre des parvenus". Un bonne dizaine d'années plus tard, en n'oubliant pas l'affaire Publifin, qu'est-ce qui a vraiment changé? Le citoyen veut désormais une transparence totale. Qu'on se le dise.

Or, que ça soit à Charleroi, à Liège ou à Bruxelles, le parti socialiste a donné un très mauvais signal aux électeurs. Ou devrait-on parler de plusieurs partis socialistes, tant chacun semblait faire ce qu'il voulait, cantonné dans sa ville. Elio Di Rupo doit reprendre ses troupes en main s'il veut sortir le Parti socialiste de la crise. Sinon, son parti pourrait bien connaître le même sort qu'en France.

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