Les travailleurs du Samusocial sont directement affectés par le scandale, "jusque dans leur vie privée"

14 juin 2017

Les travailleurs de terrain subissent directement les conséquences du scandale qui éclabousse le Samusocial. Remarques, insultes, ils ne sont pas épargnés alors que leur boulot n'est déjà pas simple. Un représentant syndical et le directeur de la communication nous ont témoigné de l'ambiance plus que tendue qui règne au sein de l'ASBL. Ils veulent en finir avec les amalgames.

"Certains travailleurs de terrain n'osent plus enfiler leur veste du Samusocial", nous explique Yves Dupuis, représentant syndical affilié à la FGTB-SETCA. Les employés et bénévoles subiraient directement sur le terrain les déboires de leurs deux anciens administrateurs: Yvan Mayeur et Pascale Peraïta. Insultes, remarques... leur travail "déjà très éprouvant", n'est plus reconnu à sa juste valeur.

Un exemple concret? "Il y a quelques jours, une camionnette du Samusocial a été barrée par un plot de circulation automatique. Le conducteur a alors demandé à la police, à proximité du plot, de pouvoir passer. La réponse a été: 'allez vous faire voir'. Bon d'accord Yvan Mayeur s'est mis la totalité de la police de Bruxelles à dos, mais quand même."

"Certains ont subi un véritable tsunami, jusque dans leur vie privée"

Même son de cloche du côté de Christophe Thielens, directeur de la communication du Samusocial, mais qui ne nous donnera pas d'exemples concrets, pour "ne pas mettre de l'huile sur le feu". Il nous a néanmoins témoigné du ras-le-bol général des travailleurs. Ils reçoivent notamment des remarques de citoyens parfois "peu éclairés" mais également des bénéficiaires eux mêmes. Ces derniers se demandent où part l'argent et les dons qui leur sont destinés. Pire, "on doit se justifier auprès de notre entourage personnel. On passe notre temps à ça, moi compris".

Les travailleurs du Samusocial veulent donc calmer le jeu médiatique et se concentrer sur leurs missions: "Certains ont souffert de leur passage à la télé. Du fait qu'on les reconnaisse alors qu'il ne s'exprimait pas directement. Certains ont subi un véritable tsunami, jusque dans leur vie privée. Donc nous n'iront pas plus loin dans l'anecdote. Parce que c'est un cercle vicieux en fait".

Pas d'amalgames

Et pourtant, "on est bien conscient que l'on est qu'au début de la séquence. Et qu'il y a beaucoup choses qui vont encore sortir, une commission d'enquête etc., mais c'est vraiment difficile pour l'instant (...). Au départ, on était fiers de ce qu'on faisait sur le terrain et maintenant on a un sentiment de honte. Un sentiment qui n'est pourtant pas justifié puisqu'il y a une distinction à faire entre ce qui se passe dans le conseil d'administration et ce qui se passe sur le terrain. Et c'est cela qu'il faut rappeler". Tout n'est pas parfait bien sûr, "mais on aimerait que le travail, qui a été mis en avant ces dernières années, soit rappelé."

Le dernier rapport annuel du Samusocial de l'année dernière indique que 220.126 nuitées ont été offertes à 6.296 personnes, dont 776 enfants.

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