Pascal Smet et Céline Fremault, membres du gouvernement bruxellois.

Pas fini de creuser! Le gouvernement bruxellois était au courant des irrégularités au sein du Samusocial depuis des années

14 juin 2017

Quand il n'y en a plus, il y en a encore. Les premières auditions sur le Samusocial sont en cours et on connait déjà de nouvelles révélations. Pascal Smet (SP.A) et Céline Fremault (CDH) étaient au courant du peu de transparence de l'ASBL. Pourquoi n'ont-ils pas tiré la sonnette d'alarme? Les deux ministres bruxellois se justifient et font état de "violentes bagarres" en interne.

La commission d'enquête qui doit faire la lumière sur les pratiques peu transparentes au sein du conseil d'administration du Samusocial a débuté jeudi. Et comme depuis le départ, ce sont les élus Alain Maron (Ecolo, le premier lanceur d'alerte sur ce dossier) et Vincent De Wolf (MR) qui s'y collent, entre autres. Ils auront comme tâche de mettre à jour le système des jetons de présence pour la tenue de réunions, effectives ou non.

Selon Le Soir, présent sur place, l'opposition Ecolo-MR n'y a pas été par quatre chemins devant les ministres Céline Fremault (CDH) et Smet (SP.A), respectivement ministres du Logement et de la Mobilité à Bruxelles: "Pourquoi avez-vous autant soutenu le Samusocial alors que vous étiez au courant des problèmes de transparence ?".

"La Région ne mettra jamais un pied au Samusocial"

Vincent De Wolf reproche aussi à la majorité d'avoir "maintenu un seul parti à la tête de cette structure" (le PS). Il n'a pas encore reçu de réponse pour le moment, mais on sent que la tension était palpable au sein même de la majorité. Céline Frémault a par exemple fait état de "violentes bagarres" au moment de la négociation du contrat de gestion du plan hivernal 2015. Lors d'une réunion, Yvan Mayeur, alors bourgmestre de Bruxelles, lui aurait lâché: "La Région ne mettra jamais un pied au Samusocial."

Céline Frémaut a aussi évoqué, toujours selon Le Soir, l'existence de réunions du conseil d'administration jugées comme "distinctes, fantoches et menées en l'absence des commissaires gouvernementaux".

Du licenciement aux vacances offertes: l'histoire incroyable de Peraïta

Le gouvernement bruxellois connaissait les mauvaises habitudes du CA du Samusocial. En 2013 déjà, des voyages vers Alicante, avec des doubles factures, ont été remboursés à Peraïta, ex-présidente du CPAS de Bruxelles et ex-administratrice du Samusocial. Pourquoi rien n'a été fait, demande de son côté Liesbeth Dhaene (N-VA)?

Le cas Peraïta mérite vraiment qu'on s'y attarde. En 2001, alors directrice de l'ASBL, elle aurait été licenciée avant d'être aussitôt réintégrée, peut-on apprendre aujourd'hui sur La Libre.be. Elle avait reçu un don d'une synagogue, sans le déclarer, et l'a reversé sous forme de primes au noir à quelques travailleurs sociaux de l'ASBL.

A l'époque, le président du CA, Alain Bartholomeeusen, refuse de couvrir la directrice et il exige sa démission. Il faut savoir que le Samusocial était déjà en crise suite à une grève des travailleurs qui protestaient contre la volonté d’engager un codirecteur financier au salaire exorbitant. Tous les administrateurs suivent la logique du président du CA à une abstention près.

Il s'agissait... d'Yvan Mayeur, si on en croit les sources contactées par La Libre.be. Il est l'un des fondateurs du Samusocial en 1999 et il reconnait l'erreur de son amie mais s'oppose à son licenciement. Peraïta s'accroche. Le CA maintient sa décision. Les travailleurs, choyés par les primes, la soutiennent et partent à nouveau en grève.

Après intervention d'un médiateur, d'une renégociation des statuts de l'ASBL et de la demande de réintégration de Pascale Peraïta, qui accessoirement avait menti sur la somme perçue par la synagogue (3.700 plutôt que 2.500 euros), le travail reprend après plus d'un mois de tumultes. Mayeur est content. Peraïta retrouve son poste de directrice, et la vie continue. On connait la suite.

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