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Olivier Maingain (DéFI) calme le jeu: il ouvre la porte au MR et ménage Joëlle Milquet (cdH)

30 juin 2017

Depuis que Benoît Lutgen (cdH) a débranché la prise il y a plus d'une semaine, Olivier Maingain est partout. Vu qu'il est incontournable à Bruxelles et à la Fédération Wallonie-Bruxelles pour la formation d'une nouvelle majorité, le président de DéFI a son mot à dire. Ce vendredi, il revient sur l'annonce "peu responsable" de Lutgen et met la pression sur le cdH vis à vis de Joëlle Milquet. D'un autre côté, il ouvre la porte au MR, son ancien allié. 

Après l'annonce de Benoît Lutgen (cdH) souhaitant débrancher la prise, il y avait un sceptique: Olivier Maingain (DéFI). Très critique envers le président du cdH, il a d'abord refusé de le rencontrer. Il a ensuite changé d'avis et ce vendredi il fait le point pour La Libre, avec du recul, sur la bombe lancée par Lutgen il y a plus d'une semaine: "La moindre des choses avant de prendre une telle initiative, c’est de s’en ouvrir à ses partenaires. Ensuite, fondamentalement, je crois qu’il n’a pas évalué toutes les conséquences. Et ça, c’est assez peu responsable."

Le boss de DéFI s'était fait remarquer en signalant à son homologue cdH qu'il devait d'abord nettoyer son parti avant de clamer la bonne gouvernance. Certains ont vu une stratégie pour préserver son alliance avec le Parti Socialiste, il répond: "Benoît Lutgen ne peut plus cohabiter avec le PS pour des raisons de gouvernance, je lui réponds que la logique s’applique à tous. Il y a une responsabilité des trois partis traditionnels. Il faut avoir le courage de dire que les scandales ne sont pas nés de la Région bruxelloise, ni de la Région wallonne. Ils sont nés dans des institutions intercommunales ou locales."

Maingain tempère ses propos sur Milquet

LA phrase à retenir de Maingain ses dernières semaines est la suivante: "Benoît Lutgen devrait avant tout penser à nettoyer ses écuries". Par là, il visait directement Joëlle Milquet, impliquée dans des scandales d'emplois fictifs et de hacking de boite mail. Toujours dans La Libre, il tempère ses propos: "Je ne suis pas dans une vindicte personnelle à l’égard de Joëlle Milquet (CDH). Non, je voudrais que les politiques adoptent une ligne claire à l’égard de ceux qui font l’objet de poursuites pénales, a fortiori s’ils sont inculpés."

Il l'assure, il ne "demande pas la démission de Milquet du parlement bruxellois" mais il attend qu'elle soit écartée au moins temporairement: "Sous prétexte qu’ils ont eu la confiance des électeurs un jour, on considère que les politiques sont protégés. Ce n’est pas ma conception des choses, cette logique suppose qu’ils n’ont pas à subir les mêmes conséquences que les gens dans la vie ordinaire." En conclusion, il attend tout de même des sanctions, au moins en interne: "Si elle refuse le pas de côté, je prendrai acte et demanderai au CDH quelles sont les conséquences en interne. Je laisse au président du CDH le soin de présenter des formules. Mais, je le répète, ce n’est pas une question de personne. Il s’agit d’un principe général."

Il ouvre la porte au MR

En 2011, il y a eu la rupture entre DéFI et le MR. Six ans plus tard, les deux partis doivent retravailler et renégocier, une situation qui ne dérange pas vraiment le président de DéFI: "Je ne suis pas dans une logique d’exclusion du MR. Soyons clairs: je leur reproche durement leur alliance avec la N-VA. Et s’ils veulent mener une négociation avec nous, je leur demande un peu de modestie par rapport à la situation actuelle." En tout cas, malgré tous les projets "un peu foireux" comme le stade national, Olivier Maingain ne dit pas "plus jamais avec le MR".

Négocier, Olivier Maingain le fera. Il se fixe d'ailleurs une "deadline" puisqu'il aimerait que le gouvernement bruxellois soit opérationnel, avec une majorité tout neuve, à partir de septembre prochain en précisant qu'il ne "participera pas au jeu du pourrissement". Mais quelles majorités? Pas encore de réponse précise mais il se dit impatient de négocier avec Ecolo, eux aussi amoureux de la bonne gouvernance. Un indice? Réponse au plus tard en septembre prochain.

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