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Macron promet de lever l'état d'urgence... pour le remplacer par de nouvelles mesures antiterroristes

3 juillet 2017

À Versailles, Emmanuel Macron a donné pour introduire son programme pour les cinq prochaines années. Concernant la menace terroriste, le Président français a promis de lever l'état d'urgence dès l'automne mais aussi de prendre de nouvelles mesures antiterroristes.

C'est un long discours qu'a donné Emmanuel Macron au château de Versailles ce lundi, devant les nouveaux députés et les sénateurs réunis en Congrès. Durant plus d'une heure, le Président français a évoqué les priorités pour son quinquennat et a fait la lumière sur les réformes institutionnelles qu'il compte mener prochainement.

Un point important concerne l'état d'urgence : Macron a promis de le lever en automne. Mais il devrait être remplacé par un projet de loi antiterroriste qui a déjà fait l'objet de nombreuses critiques.

"D’un côté, je rendrai aux Français leurs libertés en levant l’état d’urgence à l’automne. Ces libertés sont la condition d’une démocratie forte. (...) Mais d’un autre côté, je souhaite que le Parlement puisse voter ces dispositions nouvelles qui nous renforcerons dans nos libertés", a déclaré le chef de l'État français.

État d'urgence vs projet de loi

L'état d'urgence est une mesure de sécurité décidée durant la nuit du 13 novembre 2015, suite aux attentats terroristes à Paris. Cet état était censé être temporaire mais il n'a pas été levé en bientôt deux ans. Ceci, notamment à cause de la recrudescence d'attentats qui ont éclaté au travers de l'Europe ces dernières années.

Le nouveau projet de loi pour lutter contre le terrorisme a été très mal accueilli par de nombreux syndicats. Ces derniers ont manifesté samedi pour protester contre ces nouvelles mesures qui devraient, selon eux, porter gravement atteinte aux libertés individuelles.

Ce texte antiterroriste, qui devrait encore être remanié cet été, "va donner au pouvoir exécutif des pouvoirs exorbitants sur les citoyens, sur la base de vagues soupçons", a déclaré Laurence Blisson, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature, au Figaro.

Même tribunal pour tous?

Autre élément indiqué dans le discours de Macron: la volonté de supprimer la Cour de Justice de la République, soit l'institution qui s'occupe de juger les crimes ou délits commis par les membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions.

Au lieu de passer par un tribunal normal, les membres du gouvernement sont jugés dans une juridiction spéciale composée d'anciens parlementaires, de sénateurs et de juges. Cette institution a souvent été très critiquée car nombreux sont ceux à penser que les membres du gouvernement devraient être jugés comme n'importe quel individu.

Et finalement, Macron veut supprimer un tiers des parlementaires. Il trouve que ses députés et ses sénateurs sont trop nombreux et il aimerait faire un bon gros ménage. Bon courage!

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