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Après le New York Times, c'est au tour du Washington Post d'épingler la Belgique et son clientélisme

11 juillet 2017

La crise politique que vit notre pays, et singulièrement le monde politique francophone, a largement dépassé nos frontières. Il y a quelques semaines, c'est le New York Times qui décrivait la Belgique comme étant "l'Etat en faillite le plus riche au monde". Le Washington Post vient en remettre une couche et compare notre système politique à ce qui se passe en Afrique. Bref, encore un bon coup pub pour notre pays.

Les scandales Publifin, du Samu Social et du Kazakhgate ont dépassé nos frontières. Le 13 juin dernier, le New York Times épinglait la démission d'Yvan Mayeur et "la complexité de gouverner en Belgique". C'est maintenant au tour du Washington Post de s'interroger sur nos institutions et nos dirigeants, dans des propos repérés par La Libre.

Le journaliste se demande d'abord comment un pays de 11 millions d'habitants peut compter autant d'élus? "La Belgique compte 11 millions d'habitants mais est gouvernée par six gouvernements et six parlements." Très vite, l'auteur s'attarde sur la cas particulier de Bruxelles: "Bruxelles est encore plus complexe. Elle a un gouvernement, un parlement, 19 assemblées de communes indépendantes, six zones de police distinctes et 33 sociétés de logement. Au total, avec une population d'un million d'habitants, Bruxelles compte 166 ministres, bourgmestres et conseillers communaux, soit plus que Berlin et Paris réunis." Et encore, ils ont oublié des institutions comme la Cocof (Commission communautaire française), la Cocon (flamande) ou la Cocom (commune).

Utiliser le désordre pour mieux régner

Une telle complexité favoriserait le clientélisme du fait de la multiplication des structures et des zones d'ombres. Une complexité qui empercherait qu'un contrôle efficace se fasse et qui profiterait à nos dirigeants.

L'auteur se base pour cela sur un ouvrage en sciences politiques qui date des années 90. Le titre de cet ouvrage est éloquent: "l'Afrique est partie: du désordre comme instrument politique". Oui, le Washington Post est en train de comparer notre régime politique à ce qui se fait en Afrique. Selon les deux auteurs de l'étude, Patrick Chabal et Jean-Pascal Daloz, ces systèmes politiques complexes qui multiplient les couches de pouvoir permettaient au leaders africains d'utiliser le désordre pour mieux régner: "Ces "grands hommes" étaient capables de s'attacher leur électorat en accumulant et redistribuant les ressources, le clientélisme et les contrats."

Opportunités et clientélisme

A nouveau, c'est le cas de Bruxelles qui est mis en avant: "Les services publics de Bruxelles sont assurés par près de 200 agences qui emploient environ 1.400 personnes. Pour le public, cela crée une masse opaque dans laquelle il est très difficile de se retrouver. Mais pour les 'insiders', autrement dit les partis politiques au pouvoir, cela signifie qu'il y a un énorme réservoir de jobs à distribuer. Bruxelles est donc une excellente opportunité pour le clientélisme et pour l'enrichissement personnel."

Bref, "dans la politique du désordre, le pouvoir donne accès à un grand réservoir de ressources qui permet de développer un large réseau de clientèle." Ça fait mal mais c'est pourtant exactement ce qu'on est en train de vivre ici.

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