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CDH et MR vont tenter le coup à deux en Wallonie: mais c'est quoi la suite du programme?

14 juillet 2017

C'est donc acté. cdH et MR devront faire sans Ecolo pour constituer une nouvelle majorité en Région wallonne. Les Verts ont estimé que les efforts de bonne gouvernance n'étaient pas suffisants. Du coup, on les voit mal entamer des discussions à Bruxelles et en Fédération Wallonie-Bruxelles, même si la porte leur est laissée ouverte. Conséquence: Défi se rend encore plus indispensable. En cas de refus, c'est le PS, en embuscade, qui pourrait en profiter.

"Les accords engrangés ne permettent pas de dire qu’on assainit le système, même si des avancées sont acquises." Ce sont les mots de Zakia Khattabi (Ecolo) à la sortie de la réunion avec le cdH et le MR. Les Verts n’entameront donc finalement pas les négociations autour des nouvelles majorités en Wallonie, à Bruxelles et en Fédération Wallonie-Bruxelles.

MR et cdH, qui semblent s'entendre tant sur le volet de la bonne gouvernance que sur le plan socio-économique, vont donc tenter le passage en force, quitte à avoir une courte majorité. Ça sera le cas en Wallonie où le tandem forme de justesse une majorité (38 députés sur 75). Un gouvernement devrait rapidement être dans les cartons.

Bruxelles n'est pas la Wallonie

A Bruxelles, la situation est claire: Défi est indispensable pour constituer une nouvelle majorité. Les 12 députés du parti amarante permettraient de constituer une majorité de 37 députés sur 72. MR et cdH devront également avoir un accord avec les partis flamands, ce qui ne semble pas insurmontable.

C'est donc vraiment Olivier Maingain qui détient la clé des négociations dans la capitale. Il s'est confié au Soir et sur la Première et il n'exclut pas un retour du PS aux affaires: "Je pense qu’il y a une grande différence de comportement entre la Wallonie et Bruxelles. A la Région bruxelloise, il n’y a pas cette sorte de rejet du PS."

Le président de Défi précise ses propos: "La crise que M. Lutgen a déclenchée, c’est d’abord dans les relations interpersonnelles au sein du gouvernement wallon, et spécialement entre M. Magnette et M. Prevot. C’est une tromperie de dire que l’éthique a provoqué cette crise." Voilà qui ne devrait plaire qu'à moitié au président des humanistes. Défi dira lundi s'il poursuit ou pas les négociations en vue de former une coalition avec le tandem cdH-MR. En attendant, Olivier Maingain rencontre ce vendredi Laurette Onkelinx et finira ainsi son tour de table.

Sur la bonne gouvernance, OIivier Maingain le promet, ils ne seront "pas moins exigeants qu'Ecolo". Et si on essaye de lire entre les lignes, on sent bien que le président de Défi n'est pas plus emballé que ça et se verrait bien conserver l'actuelle majorité... avec le PS.

Vers un oui de Défi en FWB?

Et puis il y a le cas de la Fédération Wallonie-Bruxelles où Défi permettrait d'atteindre la majorité avec 48 députés sur 94. Maingain pourrait ici adopter une autre approche. Moyennant certaines réformes, dont le financement de la Fédération, le président de Défi pourrait monter à bord. On pourrait donc avoir trois majorités différentes selon qu'on soit à Bruxelles, en Wallonie ou en Fédération Wallonie-Bruxelles.

En attendant MR et cdH enclenchent de leur côté la deuxième phase des négociations sur le socio-économique. Mais ils laissent la porte ouverte à Ecolo et à Défi. Avec cette méthode, ils mettent les deux partis au pied du mur devant les citoyens: veulent-ils gouverner avec ou sans le parti socialiste?

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