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Un drame a été évité: un vol Tokyo-Paris est passé tout près d'un missile tiré par la Corée du Nord

3 août 2017

Les missiles balancés régulièrement par la Corée du Nord posent un réel problème de sécurité. Pas seulement pour les États-Unis, adversaire désignés du régime de Pyongyang. Mais aussi pour les vols de passagers: un vol Air France reliant Tokyo à Paris avec plus de 300 personnes à bord est passé sur la trajectoire d'un missile 10 minutes après le passage de celui-ci vendredi dernier.

La Corée du Nord va-t-elle pousser les compagnies aériennes à revoir leurs plans de vol? Avec cette information, c'est bien possible. Selon les médias américains ABC News (le premier à révéler l'information) et CNN, un possible drame lié à un tir de missile nord-coréen a été évité de peu vendredi dernier. Et si celui-ci a été évité, c'est surtout grâce au hasard et à une bonne dose de chance.

À 10 minutes près

Un vol Air France Tokyo-Paris serait en effet passé sur la trajectoire empruntée par un missile tiré par la Corée du Nord dix minutes auparavant. Ce missile est tombé dans les eaux de la Mer du Japon, comme la plupart des missiles nord-coréens. Quand celui-ci s'est échoué en mer, l'avion n'était qu'à environ 150 kilomètres. Et dans les airs, à la vitesse d'un avion, 150 kilomètres ne représentent pas grand chose...

Air France a fait savoir à ABC News qu'il y avait 323 personnes à bord de ce vol, passagers et membres de l'équipage confondus. La compagnie aérienne a également voulu se montrer rassurante et a fait savoir que le vol s'était passé sans incident. Selon elle, les missiles nord-coréens "n’interfèrent en aucune façon avec les voies aériennes d’Air France", car la compagnie aérienne analyse "constamment les zones de survol potentiellement dangereuses" et peut alors adapter "ses plans de vol en conséquence".

Un porte-parole d'Air France a précisé auprès de RFI que des mesures avaient toutefois étaient prises: "Par mesure de précaution, la compagnie a pris la décision d’élargir la zone de non survol autour de la Corée du Nord, pays qu’elle ne survole pas."

Une chance sur un milliard

Selon CNN, c'est aux compagnies aériennes de prendre la décision de modifier ou non leurs plans de vol. Mais cela pourrait leur coûter des millions d'euros en essence en cas de détour...

Un expert en aéronautique interrogé par CNN assure qu'il n'y aurait qu'une chance sur un milliard qu'un avion soit percuté par un missile. Un pilote d'avion a toutefois expliqué au média américain qu'il serait difficile pour un pilote d'éviter ou même d'apercevoir un de ces fameux missiles sur ses radars: "Ce n’est probablement pas quelque chose que vous pourriez détecter, comme vous pourriez détecter un autre avion". "Je ne crois pas que le contrôle du trafic aérien serait en mesure de prévenir un avion qu'un missile s'apprête à croiser son chemin", a renchéri Mark Rosenker, un expert en aéronautique interrogé sur CBS.

Pour rappel, il a été prouvé après une longue enquête de deux ans que c'était bien un missile qui avait abattu le vol MH17 de la Malaysia Airlines en 2014 au-dessus de l'Ukraine. Aucune des 298 personnes à bord n'avait survécu. Le missile aurait été depuis par une base détenue par des séparatistes russes, ce que le Kremlin a toujours démenti.

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