Le premier "handshake" entre Trump et Poutine, le 7 juillet dernier à Hambourg en marge du G20.

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"Une nouvelle phase" dans l'affaire russe: le procureur spécial lance un grand jury pour faire le ménage à la Maison-Blanche

4 août 2017

L'enquête sur les possibles ingérences russes dans les élections présidentielles américaines prend un nouveau tournant. Selon le Wall Street Journal, le procureur spécial, Robert Mueller, a constitué "ces dernières semaines" un "grand jury". Cette espèce de chambre d'instruction composée de citoyens qui délibèrent à huis clos pourra donner lieu à des poursuites pénales. Un peu à la manière dont les grandes affaires criminelles sont jugées.

Si l'affaire sur les possibles ingérences russes dans les élections américaines avait l'air de patiner, la grande chasse aux sorcières semble enfin s'ouvrir. Le procureur spécial en charge du dossier, Robert Mueller, a constitué "ces dernières semaines" un "grand jury" pour auditionner tous les membres de la Maison-Blanche au complet, révèle le Wall Street Journal qui présente cette nouvelle comme un tournant majeur.

Concrètement, en plus de la douzaine d'enquêteurs très expérimentés en matière de corruption internationale et de criminalité organisée recrutés par Robert Mueller, ce grand jury est une sorte de chambre d’instruction composée de citoyens (un peu comme dans les grandes affaires criminelles). Ils seront amenés dans les semaines à venir à délibérer à huis clos pour déterminer si tel ou tel élément dans l'investigation du procureur peut donner lieu à une inculpation. Cela va permettre au procureur spécial d’obtenir des documents et auditions sous serment, avec un poids juridique bien plus important. Et puis, cela signifie surtout que l'enquête pourrait déboucher sur des poursuites pénales voire des condamnations. Ce qui permet d'"entrer dans une nouvelle phase" bien plus grave, affirme le journal américain en citant deux sources anonymes.

"Les Russes essayent de vous tromper"

Bien évidemment, Donald Trump a fait connaissance avec l'article et s'est longuement expliqué jeudi soir en plein meeting à Huntington en Virginie-Occidentale (pas sur Twitter, cette fois). "La plupart des gens savent qu'il n'y a pas eu de Russes dans notre campagne. Il n'y en a jamais eus. Nous n'avons pas gagné grâce à la Russie. Nous avons gagné grâce à vous", s'est-il défendu face à une arène de 9.000 partisans.

"Les Russes essayent de vous tromper sur le leadership que vous voulez avec une histoire fausse, qui est dégradante pour nous tous et surtout pour notre pays et notre Constitution", a-t-il ajouté. Alors que le président américain a toujours nié en bloc toute collusion avec les Russes, se plaignant même que le système était "truqué" contre lui, il s'est montré plus hésitant cette fois. "J'espère simplement que l'issue finale sera vraiment honnête", a-t-il glissé l'air un peu dubitatif.

La faute aux démocrates

Et puis bien sûr, il a tapé de nouveau sur les démocrates qui jouent, selon lui, les semeurs de trouble. "Les législateurs démocrates devront décider. Ils peuvent continuer avec leur obsession sur le canular russe ou alors ils peuvent servir les intérêts du peuple américain. Essayez plutôt de gagner auprès des électeurs. Ce n'est pas facile, mais c'est comme ça que vous êtes censés faire", a-t-il lancé en taclant au passage Hillary Clinton vers qui les procureurs devraient, selon lui, plutôt se tourner.

Il a également ajouté que ses rivaux démocrates se cherchaient juste une excuse pour faire oublier "la plus grande perte [aux élections] dans l'histoire de la politique américaine".

De son côté, la nouvelle porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, a réagi dans la presse américaine en précisant que "l’ancien directeur du FBI, James Comey, a répété trois fois que le président n’était pas visé par l’enquête" et qu'il n'y avait donc "aucune raison de croire que cela a changé". Sauf que ça, c'était avant qu'il ne se fasse virer comme un mal propre. Depuis de l'eau a coulé sous les ponts et de nouvelles révélations ont éclaté...

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