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Déjà marche arrière? Le gouvernement wallon pourrait reporter la réforme des provinces à 2024

4 août 2017

Le nouveau gouvernement wallon s'est mis au travail alors que les députés profitent de leurs vacances. Plusieurs mesures ont déjà été prises en matière de bonne gouvernance mais la nouvelle majorité butte sur la réforme des provinces. Elle devrait être reportée à 2024, soit à la fin de la prochaine législature (2019-2024).

Une des grandes promesses de la nouvelle majorité a déjà du plomb dans l'aile: la réforme des provinces qui pourrait mener à leur abolition devrait être repoussée à 2024. Et ce n'est pas une bonne nouvelle: les provinces sont un niveau de pouvoir qui est tout sauf nécessaire, même si certaines de leur missions le sont. Elles proviennent d'un autre temps, quand il n'y avait pas encore de Région flamande, wallonne et bruxelloise. Mais ces provinces fournissent encore des débouchés pour certains hommes politiques. C'est pourquoi on tarde à les faire disparaître.

Si on se doutait que cette réforme aurait été compliquée à mettre en place lors de cette législature - il y a déjà des élections en 2019 - l'année 2024 est quand même un sacré report. Rappelons toutefois que pour réformer les provinces, il faut une majorité de deux tiers. Et il n'est pas certain que la majorité MR-cdH trouve des alliés de circonstance, même si Ecolo a fait de la réforme un de ses chevaux de bataille depuis bien longtemps. Willy Borsus (MR) et son équipe doivent d'abord se concentrer sur des mesures fortes et tenables pour l'année et demie qu'il reste. Et c'est la bonne gouvernance qui est d'abord visée.

Serrer la ceinture

De ce point de vue, le gouvernement n'a pas chômé. Les ministres et les membres de leur cabinet vont devoir se serrer la ceinture: Willy Borsus entend réduire drastiquement le nombre de véhicules , mais aussi les remplacer par des voitures "plus vertes". Le gouvernement wallon va aussi montrer l'exemple en supprimant les voitures au diesel, et il y aura un véhicule électrique par cabinet.

Au niveau des cabinets eux-mêmes, il va y avoir une réduction de 10% du personnel. Sous la précédente législature (PS-cdH), on comptait 384 personnes note l'Echo. Ça fera donc au moins 38 de moins. Mais dans les faits pas grand-chose ne devrait changer puisque le nouveau gouvernement compte un ministre de moins. Donc ça fait déjà un cabinet en moins, c'est-à-dire plus ou moins 43 personnes. Le compte est bon. Willy Borsus promet néanmoins "d'aller plus loin".

Au niveau des salaires, il devrait aussi y avoir une baisse de 10%. Aussi les ministres ne pourront plus engager dans leur cabinet un membre de leur famille (frères, sœurs, fils, filles, parents...), comme c'est le cas en France pour les députés et leurs assistants parlementaires. Même chose pour les subsides accordés aux associations. Tout devra être plus transparent.

"Brebis galeuses"

À côté de cela, les négociations autour de la nouvelle majorité à Bruxelles mais aussi en Fédération Wallonie-Bruxelles vont toujours bon train. Comme toujours, c'est Olivier Maingain qui détient la clé. Mais le président de DéFi n'a pas l'air pressé. Il enjoint les autres partis à écarter "les brebis galeuses" mais il affirme dans le même temps qu'il prendra "ses responsabilités", peut-on lire toujours dans l'Echo. Réponse au plus tard le 20 août.

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