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Les entreprises vont pouvoir donner de nouvelles primes à leur personnel: pourquoi les syndicats sont contre?

9 août 2017

Le gouvernement Michel veut permettre aux entreprises d'attribuer une nouvelle prime a leurs employés. Sur le papier ça parait cool: plus d'argent, même temps de travail avec parfois un salaire plus élevé. Pour les organisations patronales c'est une bonne manière de récompenser le personnel. Pour les syndicats, c'est une nouvelle mesure qui favorise encore les employeurs. On fait le point. 

Actuellement, le système, appelé CCT 90, fonctionne comme ceci: si une entreprise parvient à atteindre des objectifs fixé au préalable, le personnel bénéficie d'une participation aux bénéfices. En gros, chaque employé peut toucher au maximum 3.255 euros par an. Ce système va continuer d'exister mais il sera accompagné d'une nouvelle prime annonce De Tijd ce mardi.

Ce bonus sera exonéré de l'impôt sur les personnes physiques et sera calculé sur base de la masse salariale de l'entreprise. En moyenne, cette masse salariale est de 55.307€ par an et par employé. Avec cette nouvelle prime, les employeurs pourront accorder jusqu'à 30% de cette masse salariale à leur personnel. Ce qui représente environ 16.600€ par employé. Sur le papier, ça a l'air génial. Où est-ce que ça coince alors?

Et la sécurité sociale la dedans?

Si les organisations patronales sont enthousiastes par rapport à cette nouvelle prime, c'est un tout autre son de cloche qui nous parvient des syndicats. La FGTB et la CGSLB craignent tous les deux des effets négatifs sur la sécurité sociale, comme l'explique la FGTB: "Ce bonus permet des rétributions exonérées des contributions fiscales et cotisations sociales. On continue ainsi de déréguler le fonctionnement de la Sécurité sociale, on la prive de ses moyens."

Le syndicat chrétien flamand (ACV) rejoint les deux syndicats wallons et s'inquiète pour la Sécurité Sociale, trop souvent touchée par les réformes du gouvernement Michel: "s'agit-il d'une stratégie perfide pour effectuer de plus amples économies dans la Sécu?" s'interroge-t-on. Renaud Francart de l'UCM rassure tout le monde: "Lors de l'octroi d'un bonus collectif, les cotisations sociales sont toujours d'application. Il n'existe dès lors aucun danger pour le financement de la sécurité sociale."

Pas de concertation sociale

En fait, ce que regrettent amèrement les syndicats, c'est l'absence de concertation sociale. En effet, le fameux système du CCT 90 avait été mis en place suite à de longues discussions entre les partenaires sociaux. Ici ce n'est plus le cas ce qui provoque des inégalités sociales expliquées par Didier Seghin, responsable presse de la CGSLB: "le nouveau régime ne concernera pas l'ensemble des travailleurs ou même toutes les entreprises. Le bonus étant lié au salaire, les travailleurs ne toucheront pas tous la même prime ce qui attaque la justice sociale. "

Donc, cette nouvelle réforme ne sera bénéfique que pour les grosses entreprises, "encore une fois" dit-on du côté de la FGTB. En fait, toutes les entreprises pourront offrir ces bonus à leurs employés, ce sera évidemment le montant qui changera en fonction de la taille des boites. Encore une fois, le gouvernement Michel ne fait pas l'unanimité avec cette nouvelle réforme.

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