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Que s'est-il passé hier à Charlottesville? Voici pourquoi Donald Trump est sous le feu des critiques

13 août 2017

Un rassemblement de plusieurs groupes d'extrême droite a débordé hier à Charlottesville, en Virginie. Une voiture a foncé sur des contre-manifestants venus dénoncer ces actes de pur racisme. Selon le dernier bilan, il y a un mort et de nombreux blessés. Ce tragique incident nécessitait une réponse ferme du président américain Donald Trump, sauf qu'il n'a pas vraiment eu la réponse adéquate et a même refusé de condamner ces groupes de suprémacistes blancs dans un premier temps.

La ville de Charlottesville, dans l'État de Virginie, a été la cible samedi d'un violent rassemblement de groupuscules de l'extrême droite américaine, dont le Ku Klux Klan et des néo-nazis. Les choses ont tourné au drame quand une voiture a foncé sur des contre-manifestants antiracistes. Selon le dernier bilan, il y a au moins un mort et une dizaine de blessés graves.

Le chef de la police locale, Al Thomas, a déclaré, lors d'un point presse, traiter l'affaire comme un "homicide criminel". Selon CNN, le conducteur du véhicule, un jeune homme de 20 ans originaire de l'Ohio, a été arrêté et placé en garde à vue.

Refus de Trump de condamner les groupes

Mais face à cet événement, la réaction du président, Donald Trump, n'a pas été la plus appropriée. Il a commencé par réagir dans la soirée sur Twitter: "Nous devons tous être unis et condamner tout ce qui représente la haine. Il n'y a pas de place pour ce genre de violence en Amérique. Allons-y ensemble!". Jusque-là, tout va bien.

Quelques heures plus tard, il a donné une conférence de presse improvisée à Bedminster, dans le New Jersey, où il est toujours en vacances. "Nous condamnons dans les termes les plus forts possibles cette énorme démonstration de haine, de sectarisme et de violence venant de diverses parties (...) La haine et la division doivent cesser, et elles doivent cesser immédiatement", a-t-il d'abord annoncé.

Des journalistes, d'ABC notamment, l'ont ensuite interpellé en lui demandant: "Acceptez-vous le soutien de ces groupes nationalistes blancs, qui disent qu'ils vous soutiennent? Les avez-vous dénoncés assez fort? Une voiture qui fonce dans les gens, appelez-vous cela du terrorisme, monsieur?". À quoi Trump n'a pas daigné répondre, quittant la salle en mettant un gros vent à tous les médias (voir vidéo ci-contre).

Il a fallu attendre quelques heures pour avoir une condamnation officielle du côté de la Maison-Blanche. "Le président a dit avec force hier qu'il condamnait toutes les formes de violence, d'intolérance et de haine. Cela inclut, bien sûr, les suprémacistes blancs, le KKK [Ku Klux Klan], les néo-nazis et tous les groupes extrémistes", a fait savoir un porte-parole. Ivanka Trump a de son côté pris le contre-pied de son père en condamnant avec force cette manifestation sur Twitter.

Vives critiques

Le refus de Donald Trump de condamner explicitement ces mouvements d'extrême-droite dans un premier temps lui a bien sûr valu de nombreuses critiques, tant de Démocrates que des Républicains, son propre camp. Son ancienne rivale aux élections présidentielles, Hillary Clinton, le sénateur républicain John McCain et même Barack Obama ont tous réagi sur les réseaux sociaux.

L'ancien président démocrate n'avait plus tweeté depuis le 20 juillet, mais a décidé de reprendre une citation de Nelson Mandela particulièrement appropriée: "Personne ne naît en détestant une autre personne à cause de sa couleur de peau, de son origine ou de sa religion. Les gens doivent apprendre à haïr, et s’ils peuvent apprendre à haïr, ils peuvent aussi apprendre à aimer car l’amour jaillit plus naturellement du cœur humain que son contraire". À bon entendeur...

Retour sur les événements en quelques images:

Les néo-nazis, le Ku Klux Klan et autres racistes étaient au rendez-vous

Un incident d'une rare violence

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