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Non, les animaux domestiques ne seraient pas si bénéfiques que ça pour la santé des enfants

14 août 2017

Les animaux domestiques font partie de notre quotidien. On leur consacre d'ailleurs plus ou moins 1% de notre budget annuel. S'ils peuvent par leur présence contribuer à notre bien-être et notre santé, ils ne sont en rien décisifs. C'est ce que vient prouver une nouvelle étude qui tort le cou à certaines idées reçues. 

C'est répété à longueur d'articles. Les chiens, chats, lapins, chevaux... sont bénéfiques pour notre santé, aussi bien mentale que physique. Certaines études montrent que ça démarre même au plus jeune âge. Nos amis à quatre pattes seraient aussi responsables de la bonne santé de nos enfants, diminuant par exemple le risque d'asthme.

S'il est avéré que les enfants qui ont vécu avec des animaux de compagnie sont en meilleure santé, il se pourrait que nos amis n'aient pas grand-chose à y voir.

Système immunitaire

Le point de départ de cette théorie qui semblait acceptée par tous tient principalement en deux études: une première publiée en 2015 dans JAMA Pediatrics et une seconde quelques années plus tôt parue elle dans Pediatrics (2013). Leurs conclusions? En partageant avec nous des micro-organismes, les animaux domestiques contribuent à renforcer la défense immunitaire des enfants. Bye bye les rhumes à répétition et autres crises d'asthme.

Sauf qu'une autre étude qui date de 2013 et qui vient de publier ses résultats vient tordre le cou à cette idée établie, surprenant même ses auteurs: "Nous n'avons pu trouver aucune preuve que les enfants issus de familles avec des chiens ou des chats ont une meilleure santé, que ce soit en termes de bien-être mental ou de santé physique", explique la statisticienne Layla Parast, l'une des auteures de l'enquête.

Et si on accorde une importance particulière à cette nouvelle étude, c'est parce qu'elle dispose d'un avantage de poids par rapport aux autres: le nombre de cas étudiés. Les données qui ont été exploitées proviennent de 5.191 foyers quand les autres ne s'attardaient que sur un échantillon de quelques centaines de personnes. Ensuite, cette dernière étude s'est intéressée à bien d'autres facteurs comme le niveau de revenu, la qualité de l'environnement, le type de logement...

Les revenus du ménage

Alors oui, les enfants en présence d'animaux étaient en meilleure santé, mais rien ne prouve que ça soit le fait des animaux. Les scientifiques ont juste découvert que ces enfants étaient en moyenne plus actifs, mieux nourris et plus obéissants. Mais en ajoutant quelques variables, les scientifiques se sont rendu compte que les différences s'estompaient et qu'au final, l'influence animale, si elle existe, n'est que marginale, voire inexistante.

L'explication est relativement simple à comprendre: un ménage qui possède un animal domestique dispose en moyenne de meilleurs revenus. Or, les revenus sont directement liés à la santé d'un individu. On peut même prendre le problème à l'envers. Avoir un animal induit une meilleure santé du propriétaire à l'origine. L'animal ne serait donc en rien la cause d'un éventuel bien-être, mais finalement la conséquence.

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