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Trump énerve encore tout le monde: sa nouvelle mesure va mettre des centaines de milliers de jeunes à la rue

6 septembre 2017

Donald Trump a encore provoqué une énorme vague de contestations et protestations aux États-Unis suite à sa décision annoncée hier de mettre fin au programme DACA mis en place par Barack Obama. Depuis 2012, cette mesure permettait aux jeunes sans-papiers de continuer à vivre, étudier et travailler en Amérique. Ce sont donc aujourd'hui des centaines de milliers de jeunes qui risquent l'expulsion.

L'annonce était très attendue et les Américains en retenaient presque leur souffle. Hier, Donald Trump devait décider s'il poursuivait ou non le programme DACA (Deferred Action for Childhood Arrivals) mis en place par Barack Obama en 2012. Sans surprise, il a annoncé, par la voix de son ministre de la Justice Jeff Sessions, d'y mettre un terme. S'attirant à nouveau un raz-de-marée de contestations.

"Nous ne pouvons accepter tous ceux qui voudraient venir ici, c'est aussi simple que cela", a simplement justifié Jeff Sessions, tout en dénonçant la décision "unilatérale" prise par Barack Obama à l'époque. Mais attention, "ce n'est pas faire preuve de compassion que de ne pas appliquer les lois sur l'immigration", a-t-il assuré. Car "appliquer la loi permet de sauver des vies et de protéger les communautés et les contribuables", a-t-il encore ajouté.

Des centaines de milliers de jeunes à la rue

Le programme DACA mis en place par son prédécesseur permettait aux enfants arrivés illégalement avec leurs parents sur le territoire américain de se voir octroyer l'équivalent d'un permis de séjour valable deux ans, renouvelable. Et ce, s'ils avaient moins de 16 ans à leur arrivée et n'avaient aucun antécédent judiciaire. Ce qui leur permettait donc de continuer à vivre, étudier et travailler aux États-Unis.

Du coup, des centaines de milliers de jeunes risquent désormais d'être expulsés du pays. Aucune nouvelle demande d'affiliation au programme ne sera non plus examinée à compter de ce jour. Par contre, il y a une seule petite bonne nouvelle: ceux qui bénéficient déjà de ce statut, les "Dreamers", ne seront pas affectés... en tout cas jusqu'au 5 mars 2018. La Maison-Blanche accordant ainsi un délai de 6 mois pour que le Congrès légifère sur le sort de ces derniers.

"Une question de décence élémentaire"

Sans surprise aussi, la décision de Donald Trump a provoqué une véritable tempête politique à Washington, y compris dans son propre camp. De nombreuses voix républicaines l'avaient d'ailleurs mis en garde plusieurs fois contre la tentation de tirer un trait définitif sur ce vaste programme qui assurait une vie décente à de très nombreux jeunes. "En tant qu'Américains, nous ne tenons pas les enfants légalement responsables des actes de leurs parents", dénonçait par exemple le sénateur républicain James Landford, résumant parfaitement la situation.

Barack Obama n'est bien sûr pas en reste. Il a posté hier soir un message poignant sur son compte Facebook, qui a été liké plus d'un million de fois et partagé plus de 530.000 fois en quelques heures à peine. "Il s’agit de jeunes qui ont grandi en Amérique, d’enfants qui étudient dans nos écoles, de jeunes adultes qui débutent leur vie professionnelle, de patriotes qui s’engagent à respecter notre drapeau", dénonce-t-il la "mauvaise" décision de son successeur. "Il s’agit de savoir si nous sommes des gens qui expulsons des jeunes travailleurs pleins d’espoirs hors de l’Amérique ou si nous les traitons de la manière dont nous aimerions que nos enfants soient traités. Il s’agit de savoir qui nous sommes et qui nous souhaitons être", souligne-t-il encore. C'est "cruel" et "une question de décence élémentaire", conclut l'ancien président démocrate.

Sa décision a également suscité de nombreuses réactions négatives au sein de la Sillicon Valley et entraîné de vives manifestations de la population dans les rues de Washington, Los Angeles, New York et même Mexico.

Voici le message de Barack Obama sur Facebook:

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