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Les commerçants surveillent plus les clients "étrangers" et le syndicat des indépendants trouve ça logique

8 septembre 2017

Dans de nombreux magasins belges, le personnel ne réserverait pas le même accueil aux "étrangers" qu'aux "blancs". C'est ce qu'a observé la sociologue Dounia Bourabain (VUB) dans le cadre de son mémoire. Interrogée sur la question par Sudpresse, la présidente du Syndicat des indépendants (SNI) Christine Matteeuws estime que c'est un "réflexe logique".

Autant dans les chaînes de vêtements bon marché que les boutiques de luxe, l'accueil réservé aux "étrangers" n'est pas le même que celui réservé aux clients d'apparence "belge". C'est la conclusion tirée par la sociologue Dounia Bourabain (VUB) qui, dans le cadre de son mémoire, a observé les comportements du personnel dans 301 boutiques de Bruxelles, Malines, Anvers et Louvain.

Les clients catalogués comme étrangers, souvent à partir de leur couleur de peau et de leur langage, sont plus surveillés. Selon Bourabain, les employés de caisse vont moins faire d'efforts pour les aider ou leur trouver le vêtement qui leur manque. Et cette discrimination se ressent aussi au niveau du genre: le traitement réservés aux hommes étrangers est plus mauvais que celui réservé aux femmes, étrangères elles aussi.

"Si [les employés] font peu d'efforts pour les personnes d'origine étrangère, c'est parce qu'ils pensent qu'elles n'ont pas assez d'argent pour faire de grands achats", explique Bourabain au Vif/l'Express. ""Elles considèrent ces clients comme socioéconomiquement inférieurs."

"Réflexe logique"

"Cela n’a rien à voir avec de la discrimination mais avec la réalité des nombreux vols à l’étalage qui sont souvent commis par des bandes de malfaiteurs itinérantes, surtout des hommes", explique la présidente du Syndicat des indépendants (SNI) Christine Matteeuws à Sudpresse. "Il est donc tout à fait normal que les commerçants surveillent de plus près les personnes d’origine étrangère. C’est un réflexe logique."

Elle ajoute que "ce sont des faits objectifs" avancés par la police lors de leurs réunions. "Des bandes d'origines étrangères (..) volent dans les magasins et (...) agissent de manière de plus en plus professionnelle". Des affirmations qui trouvent une résonance dans les actions policières Gaudi.

Qu'est-ce que le projet Gaudi? Un projet lancé par le secrétaire d'État à l’Asile et la Migration Theo Francken (N-VA) qui vise à renvoyer chez eux les voleurs d'origine étrangère. "L’objectif était d’enfermer les délinquants en séjour illégal et de les rapatrier pour ainsi diminuer cette forme de criminalité", pouvait-on lire sur le site du secrétaire d'État.

Du côté d'Unia, ces propos choquent. "On ne nie pas qu'il y a des étrangers qui volent", déclare à Sudpresse Patrick Charlier, directeur du centre pour l'égalité des chances. "Mais de là à les surveiller plus que les autres est un raccourci que l'on ne peut pas accepter. Et forcément, s'ils sont davantage surveillés, c'est parmi eux qu'on va trouver les voleurs..."

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