© Facebook @ Patrick van Hoorebeek

"Plus de vin, moins de crime": un Bruxellois excentrique va peut-être devenir le maire de la Nouvelle-Orléans

11 septembre 2017

Le surréalisme belge s'exporte! Un ancien livreur de bière bruxellois qui a quitté le plat pays pour rejoindre les États-Unis il y a trente ans figurerait en bonne place pour devenir maire de la Nouvelle-Orléans. Voici son parcours.

Le 14 octobre prochain, la Nouvelle-Orléans, agglomération de plus d'un million d'habitants, doit se trouver un nouveau maire. Il y a en tout 17 candidats pour six postes: le "bourgmestre" et cinq "échevins". Parmi ces candidats, on retrouve un certain Patrick Van Hoorebeek, un Belge de 63 ans qui a vécu une ascension à l'américaine dans le pays de l'Oncle Sam.

Parti à la recherche de son père, qu'il n'a quasiment pas connu, Patrick se rend aux États-Unis pour finalement y rester, définitivement. “J’avais 30 ans. Je livrais de la Stella et de la Vieux-Temps dans les cafés. Qu’avais-je à perdre à tenter ma chance?, se rappelle Partick, aka Patje Vieux-Temps, pour la Dernière Heure.

Patje part donc avec l'équivalent de 500 euros, son visa pour quelques mois et une valise avec un costume et une cravate. Il enchaînera d'abord les petits boulots pour deux dollars de l'heure avant de travailler à plein temps dans un bar: "J'ai travaillé là pendant dix-huit ans, mais après l'ouragan Katrina (en 2005, ndlr), l'établissement a fermé. Ensuite, j'ai pu ouvrir mon propre bar, ce dont j'avais rêvé toute ma vie. Il se trouve dans le quartier français de La Nouvelle-Orléans et attire pas mal de clients", racontait-il en août dernier à Het Laaste Nieuws.

Du drame initial, Patrick en a fait une chance. Son bar spécialisé dans le vin, un des dix meilleurs du pays selon Fow News, a vu passer les plus grandes stars américaines: de Sharon Stone à Stevie Wonder, en passant par Bill Clinton ou encore Dustin Hoffman, Mick Jagger, Paul Mc Cartney... bref les plus grands.

Belgitude

Entre-temps, il obtient la nationalité américaine et est apprécié par beaucoup. Tous se reconnaissent son tempérament jovial et son envie de faire la fête. Cela transpire à travers son bar et c'est ce qui a fait son succès. Le tout avec une "Belgian touch": il sert aussi de la bière belge dans son bar et il a rapporté de Bruxelles un Manneken Piss qu'il a installé devant son établissement. Le jour du Mardi gras, moment super important dans tout l'État de Louisiane, il n'hésite pas à sortir son chapeau de Gille de Binche, histoire de fêter le carnaval à sa manière.

Bref, tout se passe comme dans le meilleur des mondes avant que Patrick ne soit dérangé par l'insécurité qui grimpe dans la capitale du jazz. Lui-même en a été victime, "j'ai été braqué trois fois", et vu qu'il était unanimement apprécié - et reconnaissable grâce à ses costumes exubérants - Patrick a décidé de se lancer en politique.

Insécurité

Sa candidature a été validée en juillet dernier et sa campagne se base donc sur une association quelque peu surréaliste: l'insécurité et la fête. Comme le démontre son slogan: "More wine, less crime" (plus de vin, moins de crime). "Ma campagne se concentre sur la criminalité. Je veux plus d'agents dans la rue et plus de caméras de surveillance (...). Et si les citoyens ne se sentent pas en sécurité, ils ne viennent plus boire de vin dans mon bar". C'est d'une logique implacable.

Mais Patrick a-t-il réellement ses chances? "La plupart de mes adversaires ont un budget plus important. Ma campagne coûte 10.000 euros, d'autres ont deux millions d'euros à leur disposition", faisait-il savoir à Het Laatste Nieuws le mois dernier. L'homme qui se décrit comme apolitique avoue toutefois à la DH qu'il a voté pour Trump. Si on lui souhaite la même réussite électorale, on espère qu'il sera un peu plus souple dans sa politique.

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