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Gênant: voilà pourquoi les États-Unis ont dit "non" à l'ONU pour abolir la peine de mort pour homosexualité

5 octobre 2017

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a adopté une résolution contre l'usage injustifié de la peine de mort pour "l'apostasie, le blasphème, l'adultère et l’homosexualité". Pourtant, 13 pays ont voté "contre" cette résolution. Et parmi eux, il y a les États-Unis, qui assurent toutefois avoir une bonne excuse.

Bangladesh, Égypte, Chine, Burundi, Inde, Japon, Qatar, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Irak, Éthiopie et États-Unis. Voilà les 13 pays qui ont voté contre une résolution du Conseil des droits de l'homme de l'ONU vendredi dernier. Heureusement, 27 autres, dont la Belgique et la France, ont voté pour, alors que 7 autres se sont abstenus.

Pas la fin de la peine de mort

Cette résolution est pourtant une sacrée avancée pour les droits de l'homme: elle condamne l'usage de la peine de mort de manière discriminatoire contre les personnes avec des capacités intellectuelles limitées, les femmes enceintes, les personnes qui avaient moins de 18 ans au moment où elles ont commis ce crime, ou en cas d'apostasie, de blasphème, d'adultère, ou de relation sexuelle avec une personne du même sexe. C'est la première fois que l'homosexualité est évoquée dans ce genre de résolution.

Il faut bien noter que ce texte n'appelle pas à mettre fin à la peine de mort, mais demande aux pays dans laquelle elle est toujours en vigueur de faire attention à ce qu'elle ne soit pas utilisée de manière discriminatoire envers les catégories de personnes citées. En clair, il est interdit de condamner à mort une personne juste parce qu'elle est gay, par exemple.

Position historique

Mais pourquoi alors les States se sont prononcés contre cette résolution, se retrouvant aux côtés de pays où l'homosexualité est encore très mal vue? Pour l'ILGA, association internationale de défense des droits des personnes LGBTI qui a dénoncé ce vote, la position américaine n'est malheureusement pas une surprise: "Les États-Unis appliquent la peine de mort et votent constamment non sur les résolutions qui s'y opposent", a expliqué l'un de ses responsables à Gay Star News.

Rien à voir donc avec l'administration Trump. En 2014, l'administration Obama avait déjà pris le même genre de décision, comme le rappelle BuzzFeed. Les États-Unis ont juste appliqué leur posture historique concernant la peine de mort, toujours autorisée dans le pays et qu'ils ne souhaitent pas voir disparaître.

"Nous avons voté contre la résolution en raison de préoccupations concernant la condamnation, par cette résolution, de la peine de mort en toutes circonstances", a fait savoir Heather Nauert, la porte-parole de la diplomatie américaine. Si ça peut te rassurer, les States "condamnent sans équivoque l'application de la peine de mort pour homosexualité, blasphème, adultère et apostasie", qui ne sont pas considérés comme "des conduites criminelles". Ouf...

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