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La nouvelle lubie de la N-VA: réaliser des tests de QI pour tous les élèves flamands

13 octobre 2017

Koen Daniëls, le spécialiste N-VA de l'éducation, croit dur comme faer aux tests QI. Ils pourraient servir à mesurer l'efficacité de notre système éducatif. Les enfants plus démunis "performent" moins bien que les autres et ce n'est pas lié uniquement à la situation familiale ou au programme de cours. Selon une étude, "cela est aussi dû au QI", rapporte Daniëls.

Polémique dans le nord du pays. Koen Daniëls, le monsieur éducation de la N-VA, constate que les investissements dans l'éducation ne sont pas des plus efficaces. Le souci selon lui, c'est qu'on applique une politique égalitaire, alors que tous les élèves n'ont pas le même niveau.

"Pour l'instant on regarde juste le statut socio-économique des enfants", explique Daniëls dans Het Nieuwsblad. "Par exemple, si la maman n'a pas son diplôme secondaire ou si la langue pratiquée à la maison est différente du néerlandais", l'enfant aura plus difficile que les autres. "Cependant, une étude internationale a montré qu'il y a aussi une connexion avec le QI" pour expliquer les mauvais résultats de certains élèves.

Mesurer le QI pour rendre l'éducation plus efficace

Ces enfants qui ont moins d'opportunités ont quatre fois plus de chance de rater leur année. Et ils ont trois fois plus de chance d’atterrir dans l'enseignement professionnel, montre l'étude du Rekenhof. Malgré les 321 millions d'euros investis chaque année par la Région flamande dans son système éducatif, les résultats ne suivent pas. Pire: ces élèves, qui bénéficient de moins de chances, performent encore moins bien qu'avant.

En partant de ce constat, Koen Daniëls pense qu'il faudrait mesurer le QI des élèves: "Nous devons prendre en compte les capacités des étudiants pour ajuster nos politiques en matière d'éducation". Cela veut-il dire qu'on doit laisser tomber les moins doués? "Bien sûr que non", répond Daniëls. "Chaque enfant au QI moins élevé peut faire des progrès et apprendre. Mais il est illusoire de penser que les instituteurs vont résoudre tout le problème. On ne peut pas faire de chaque enfant un ingénieur".

"Doit-on aussi mesurer la taille du cerveau?"

Tollé général. "Doit-on aussi mesurer la taille du cerveau?", s'insurge le sociologue de la KUL Orhan Agirdag sur Twitter. Toute la question c'est de savoir si on peut améliorer un QI ou s'il est inné. Cette question divise d'ailleurs la communauté scientifique.

Pour le spécialiste en éducation Ides Nicaise (KUL), on peut interférer dans le QI: "Le QI est une combinaison de facteurs innés et d'une situation sociale. Le QI des enfants peut vraiment évoluer si on le stimule". En lisant des livres par exemple. Nicaise ajoute que les enfants qui pratiquent une langue différente ou qui baignent dans une autre culture ont plus de mal avec les tests de QI occidentaux.

Pour une autre experte du Centre Exentra, il serait intéressant d'inclure les tests QI pour justement aider les enfants à développer leur potentiel. "Je suis sûr qu'il y a beaucoup de talents intellectuels dans l'enseignement professionnel et qui sont maintenant perdus".

Violation du principe d'égalité des chances

Groen est totalement choqué par la proposition de Daniëls. Elisabeth Meulemans, la spécialiste des Verts en la matière, a déclaré ce vendredi que c'était une violation du principe d'égalité des chances. "Chaque enfant a droit aux mêmes possibilités et c'est à nous d'offrir les mêmes chances pour tous (...). Aucun enfant ne peut être tracé selon ses capacités et sur ses chances futures". Cela serait tout simplement "dangereux", selon Meulemans.

Elle craint que cette proposition N-VA ait un effet contraire à l'objectif souhaité. En conséquence, la différence entre les enfants qui ont moins d'opportunités et les autres pourrait encore s'agrandir.

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