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Rien ne va plus chez Ryanair: si les pilotes n'obtiennent pas ce qu'ils veulent, ils pourraient partir en grève 

24 octobre 2017

Chez Ryanair, c'est toujours la grogne. La compagnie a proposé de nouvelles primes aux pilotes mais ces derniers ont refusé. Ils revendiquent, entre autres, un contrat qui dépend du pays dans lequel ils sont basés ainsi qu'un syndicat officiel. S'ils n'obtiennent pas ce qu'ils veulent, ils pourraient bien partir en grève selon le conseil européen des représentants des employés de la compagnie.

Rien ne va plus entre les pilotes de Ryanair et la direction. Cela fait des semaines que le torchon brûle. Des milliers de vols ont été annulés. D'abord le patron de la compagnie aérienne avait commencé par dire que ces annulations étaient surtout la conséquence d'une mauvaise gestion du planning des pilotes. Finalement, il avait fait ses excuses à son personnel mécontent de ses conditions de travail.

Dans un premier temps, la direction leur avait proposé une grosse somme d'argent si les pilotes renonçaient à leurs congés. Mais ils ont refusé. La direction leur a alors proposé de nouvelles primes mais les pilotes ont refusé l'offre. Le conseil européen des représentants des employés de Ryanair (EERC) parle maintenant d'une grève rapporte la Libre: "Bien qu’aucun pilote ne souhaite faire grève, parfois, c’est la seule manière d’amener un employeur intransigeant à un accord satisfaisant".

Que revendiquent-ils?

Toujours selon la Libre, qui a pu se procurer le document, les pilotes veulent un contrat qui dépend du pays dans lequel ils sont basés et non plus un contrat irlandais. Il est aussi question d'argent. Des salaires de 60.000 euros à 150.000 euros par an sont mentionnées. Ils veulent également avoir un syndicat officiel qui les représente, le conseil européen des représentants des employés n'étant pas une organisation reconnue. Ils veulent également ne plus devoir débourser de l'argent pour les boissons et les repas achetés dans l'avion ainsi que pour les hôtels où ils logent durant les transferts. Pour le moment, ils doivent prendre eux-mêmes en charge tous les frais qui vont avec leur fonction: badge, uniforme, visite médicale obligatoire...

Pas mieux chez les stewards

Libération a publié une enquête sur ce qu'il se passe en interne au sein de Ryanair. Ils ont réussi à obtenir le témoignage d'une hôtesse et d'un steward bien qu'il leur soit interdit d'entrer en contact avec les médias. Et ce qu'ils racontent est édifiant.

"Lorsque nous sommes souffrants, nous ne devons pas voler, spécialement en cas de sinusite ou de rhume car nous risquons de nous abîmer un tympan, compte tenu de la pressurisation de l’avion en altitude. Pourtant, certains préfèrent travailler tout en étant malades, pour éviter de devoir fournir des explications", expliquent les membres de la compagnie. Mais beaucoup de leurs collègues sont en fait employés par une société intermédiaire du nom de Crewlink. Ils ne sont pas payés lorsqu'ils ne travaillent pas.

Des conditions de travail purement indécentes

Mais ce que veulent les pilotes dans le fond, ce n'est pas tant de l'argent mais des conditions de travail plus décentes. Des pilotes confient des choses plutôt hallucinantes. Ils travaillent cinq jours de suite et après prennent trois jours de repos. Ce qui leur vaut d'être les plus productifs d'Europe avec au compteur pas loin de 900h de vol. Pour comparer, les pilotes d'Air France, comptent plus ou moins 700h. Et ce qui suit va te faire peur: "Dès le quatrième jour, on est fatigué. Résultat, on dort dans le cockpit durant le vol, même si nous n’avons pas le droit de le faire quand le temps de trajet est inférieur à deux heures vingt-cinq". Plutôt rassurant.

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