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La Catalogne s'est déclarée indépendante mais la communauté internationale n'est pas de son côté

28 octobre 2017

La Catalogne est isolée après avoir voté son indépendance au Parlement le 27 octobre. À l'international, les soutiens vont du côté du gouvernement de Mariano Rajoy. Plusieurs chefs d'état ont rappelé qu'ils étaient pour l'unité de l'Espagne et un dialogue ouvert.

Lorsque la Catalogne a essayé de tenir son référendum au début du mois d'octobre 2017, le gouvernement espagnol avait réagi très violemment en envoyant ses forces de l'ordre sur les manifestants. Le choc avait été si brutal qu'il avait suscité la réaction de plusieurs acteurs politiques internationaux. Mais aujourd'hui, c'est différent.

Belgique

Charles Michel avait été le premier à réagir, en condamnant la violence de la réaction de Madrid. Cette condamnation publique avait été plutôt mal accueillie par le gouvernement de Rajoy et avait suscité quelques tensions entre la Belgique et l'Espagne.

27 jours plus tard, la réaction du Premier ministre belge est plus modérée, plus neutre. "Une crise politique ne peut être résolue que par le dialogue. Nous demandons une solution pacifique dans le respect de l'ordre national et international", a-t-il tweeté.

Ce changement de position n'a pas échappé au président catalan Carles Puigdemont qui lui a répondu "Le dialogue a été et sera toujours notre choix pour résoudre des situations politiques et trouver des solutions pacifiques."

Le ministre-président flamand Geert Bourgeois s'est montré plus engagé en faveur des indépendantistes, rappelant en un tweet que son parti la N-VA est derrière une Catalogne émancipée. "Indépendamment de sa valeur juridique, le vote en Catalogne aujourd'hui est un acte politique important qui renforce mon appel au dialogue." Un tweet repris par Amadeu Altafaj, le représentant du gouvernement catalan à l'Union européenne.

Union européenne

Du côté de l'Union européenne, le ton est très différent. Si l'organisation supra-nationale n'a aucun pouvoir légal lui permettant d'intervenir, elle peut, par la voix de ses représentants, indiquer là où se trouve son soutien.

Le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a ainsi déclaré vendredi soir: "nous n'avons pas à nous insérer dans ce débat hispano-espagnol mais je ne voudrais pas que demain l'Union européenne se compose de 95 Etats membres". Traduisons-le: je ne veux pas de l'indépendance de la Catalogne.

Le président du Conseil de l'Europe Donald Tusk a tweeté : "pour l'UE, rien ne change. L'Espagne reste notre seul interlocuteur. J'espère que le gouvernement espagnol favorisera la force de l'argument et non l'argument de la force".

France, Allemagne

En visite en Guyane, le Président français Emmanuel Macron a déclaré: "j'ai un interlocuteur en Espagne, c'est le Premier ministre Rajoy (...) Il y a un Etat de droit en Espagne, avec des règles constitutionnelles. Il veut les faire respecter et il a mon plein soutien".

La chancelière allemande a déclaré via son porte-parole Steffen Seibert que "le gouvernement allemand ne [reconnaissait] pas cette déclaration d'indépendance." Et d'ajouter: "nous espérons que toutes les personnes concernées utiliseront les voies du dialogue et de la désescalade".

UK, Écosse, USA

Même son de cloche du côté du gouvernement de Theresa May. "Le Royaume-Uni ne reconnaît pas et ne reconnaîtra pas la déclaration unilatérale d'indépendance émanant du parlement régional de Catalogne" car celle-ci "est fondée sur un vote qui a été déclaré illégal par les tribunaux espagnols".

L'Écosse, par contre, a fait part de son soutien aux Catalans. "Nous respectons la la décision. Le peuple de Catalogne doit pouvoir choisir son propre futur" a déclaré Nicola Sturgeon, la première ministre de l'Écosse.

Quant aux États-Unis, ils sont du côté d'une Espagne unie: "la Catalogne est partie intégrante de l'Espagne et les Etats-Unis soutiennent les mesures constitutionnelles permettant de maintenir une Espagne forte et unie", a fait savoir la porte-parole du département d'Etat Heather Nauert dans un communiqué.

Certains voient dans cette situation un parallèle avec l'époque qui avait précédée la guerre civile d'Espagne en 1936. À l'époque, la communauté internationale avait le regard ailleurs et l'histoire avait fini dans un bain de sang. Pablo Casado, un député du Parti populaire, le parti au pouvoir, a averti Carles Puigdemont que l'histoire pourrait se répéter. Espérons qu'il se trompe.

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