En néerlandais dans le texte, Carles Puigdemont annonce sur Twitter qu'il va collaborer avec la justice belge

4 novembre 2017

Comme tu le sais sans doute: Carles Puigdemont est en Belgique depuis lundi pour fuir la justice espagnole qu'il qualifie de politique. Faisant l'objet d'un mandat d'arrêt, le président déchu de la Catalogne ne compte pas pour autant esquiver la justice. Il l'a annoncé officiellement sur Twitter... en néerlandais.

Au lendemain de l'interview exclusive qu'il a accordée à la RTBF, Carles Puigdemont poursuit sa logique et collaborera avec la justice belge qu'il avait qualifiée "de vraie justice" hier soir au JT. Pour lui, la justice espagnole n'offre plus les garanties d'un procès équitable comme le montre la mise en détention de huit ministres catalans dont il demande la libération.

La justice belge doit trancher

L'homme qui s'est accordé les services d'avocats belges a confirmé sur Twitter qu'il ne comptait pas esquiver ses responsabilités: "Nous sommes prêts à coopérer pleinement avec la justice belge à la suite du mandat d’arrêt européen délivré par l’Espagne ". Le parquet fédéral a lui confirmé que Puigdemont sera bel et bien présenté à un juge d'instruction.

Le parquet a effectivement reçu cinq mandats d'arrêt européens de la part des autorités espagnoles à l'encontre du président destitué et de ses quatre ex-ministres en exil avec lui à Bruxelles. Les chefs d'accusation sont les suivants: rébellion, sédition, détournement de fonds publics et désobéissance à l’autorité. Ils encourent jusqu'à 30 ans de prison en Espagne. La justice belge devra décider si oui ou non elle remet les cinq inculpés à la justice espagnole.

Reste que ce tweet en néerlandais peut surprendre. Depuis le débit de la crise, tous ont pointé le rapprochement entre les autorités catalanes et les indépendantistes flamands. Bart De Wever, président de la N-VA, avait même déclaré qu'il ne laisserait pas tomber son "ami".

Indépendance flamande? Non.

De là à imaginer un scénario à la catalane pour la Belgique? Impossible pour Kristof Calvo, le chef de groupe Groen au fédéral. Pour lui, "la N-VA n'a pas le courage de ses opinions, elle n'a pas le courage des indépendantistes catalans qui, eux, osent poser la question de l'indépendance de la Catalogne au peuple catalan", a-t-il déclaré non sans provocation dans l'Echo. Et il a une explication simple: "elle ne le fait pas car il n'y a pas 10% des Flamands qui sont en faveur de l'indépendance de la Flandre."

Il fustige encore, comme le reste de l'opposition, le silence radio du gouvernement Michel et de sa coalition avec la N-VA. Un silence qui doit être assourdissant pour une Espagne qui entend rapatrier les dissidents avec toujours autant de fermeté et d’intransigeance.

Mais le Premier ministre, en porte-à-faux avec ses partenaires européens et avec les velléités nationalistes de la N-VA, ne compte pas, personnellement, se mouiller dans cette affaire. Son message est finalement clair: circuler il n’y a rien à voir, c'est à la justice de faire son travail.

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