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Un proche de Trump est aussi cité dans les Paradise Papers: voilà pourquoi ce scandale l'enfonce encore plus

6 novembre 2017

Près de 18 mois après les Panama Papers, faites place aux Paradise Papers. Cette nouvelle fuite de plus de 13 millions de documents révèlent les montages financiers, particulièrement rusés, auxquels profitent depuis des années de nombreuses personnalités publiques. Parmi elles: Wilbur Ross Jr., secrétaire au Commerce de Donald Trump. Et bien sûr, les Russes ne sont jamais loin...

Un nouveau scandale financier de large ampleur a éclaté dimanche soir: les Paradise Papers. Dans les premières révélations qui sont tombées hier soir, sont citées des sociétés comme Nike, Twitter et Facebook, mais aussi des personnalités comme la reine d'Angleterre Elisabeth II, le Premier ministre canadien Justin Trudeau, ou encore un membre du gouvernement de Donald Trump.

Là où ça fait mal pour Trump, c'est que son proche cité dans le scandale, Wilbur Ross Jr (secrétaire au Commerce) est également lié à... la Russie. Alors que l'enquête sur les liens entre la Maison-Blanche et le gouvernement russe et le fait que Moscou ait pu influer sur le résultat des élections présidentielles américaines bat toujours son plein.

Le port d'Anvers

Pour comprendre toute l'histoire, il faut partir de la Belgique: cap sur le port d'Anvers. Dans les documents analysés, au moins onze ravitaillements de gaz russe vers la société Antwerp Gaz Terminal, ont été enregistrés depuis 2014. L'Antwerp Gaz Terminal est le seul site de stockage de gaz de pétrole liquéfié (LPG) à Anvers. Ce gaz en question provient de Sibur, une société basée à Moscou qui collecte le gaz produit en Russie pour le revendre à l'étranger, surtout en Europe de l'Ouest.

Le secrétaire au Commerce de Trump

Comment est-il acheminé jusqu'en Belgique? Grâce à plusieurs tankers appartenant tous à Navigator Holdings Ltd., une société basée aux Îles Marshall. Navigator loue donc une partie de sa flotte à Sibur, qui représente d'ailleurs l'un de ses cinq plus gros clients.

Et devine qui est derrière Navigator? Wilbur Ross Jr, l'actuel secrétaire au Commerce du président américain Donald Trump. Pour monter dans le gouvernement, le milliardaire de 79 ans avait été contraint de revendre nombre de ses sociétés, mais il a tout de même gardé quelques participations financières intéressantes. C'est le cas de quatre sociétés, toutes situées aux Îles Caïman, toutes citées dans les Paradise Papers, et qui détiennent ensemble une part de 31,5 % dans Navigator Holdings Ltd.

Tu le sens le malaise? Comme écrit plus haut, Navigator est la société qui fournit les tankers pour acheminer le gaz russe jusqu'en Belgique. Et bien sûr, avec une participation financière si importante, les quatre sociétés de Wilbur Ross en sont les principales actionnaires, et de loin. Pour te donner une idée des chiffres, cela représente participation à hauteur de 154 millions d'euros, sur base du prix actuel de l'action Navigator calculée par les journalistes du Soir.

Le beau-fils de Poutine

En quelques mots simples, le gaz russe de Sibur arrive chez nous sur des tankers qui appartiennent en grosse partie à un conseiller de Trump. Mais il n'y a pas que ça. Parmi les membres du conseil d'administration de la société Sibur, on trouve bon nombre de proches de Vladimir Poutine, à commencer par Kirill Shamalov. L'homme d'affaires de 35 ans a épousé la plus jeune des filles de Poutine, Katerina Tikhonova. Ce qui fait donc de lui le beau-fils de Poutine.

Autre figure de proue de l'actionnariat: Gennady Timchenko. L'homme d'affaires finlandais a été blacklisté par les autorités américaines en 2014, suite à l'annexion de la Crimée. Ses activités dans le secteur de l'énergie étant, déjà à l'époque, considérées comme "directement liées à Poutine".

Et l'actionnaire principal de Sibur, Leonid Mikhelson, est, lui aussi, soupçonné par les États-Unis d'être un soutien de Poutine. Cet homme d'affaires russe est d'ailleurs interdit de prêt à long terme par les banques américaines pour sa société Novatek. Par contre, pour Sibur, aucune sanction n'a étrangement jamais été décidée, en tout cas aux États-Unis.

Nul doute que cette affaire risque de mettre de l'huile sur le feu dans l'enquête sur les liens présumés entre le gouvernement Trump et la Russie...

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