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Bruxelles, Namur, Liège, Charleroi...: des milliers d'affiches contre la politique de Theo Francken ont été collées partout

7 novembre 2017

Environ 2.100 affiches ont été placardées cette nuit dans les gares, abribus et stations de métro des principales villes du pays. L'objectif est clair: interpeller les Belges sur la politique migratoire du gouvernement fédéral et sur les dernières mesures très critiquées de Theo Francken (N-VA).

La nuit a été bien remplie. Quelque 300 activistes ont été placarder des affiches dénonçant la politique migratoire du gouvernement fédéral dans les gares, abribus et stations de métro de toute la Belgique. La plupart des grandes villes ont été prises d'assaut: Bruxelles, Namur, Mons, Charleroi, Liège, Verviers, Louvain-la-Neuve, Louvain et Gand.

Si tu prends les transports en commun aujourd'hui, il est très probable que tu tombes dessus, car il n'est pas question de quelques pancartes isolées. En tout, environ 2.100 affiches ont été collées et 7.000 accroche-portes distribués un peu partout.

"Vous trouvez ça normal?"

Concrètement, il s'agit d'une affiche en noir et blanc sur laquelle tu peux d'abord lire: "En votre nom, la Belgique prive 1 % de sa population de droits fondamentaux. Vous trouvez ça normal?". Le tout en lettres capitales.

Juste en-dessous, le message continue: "Près de 150.000 personnes sans-papiers sont privées de droits et de la citoyenneté, condamnées à la clandestinité, confrontées à la répression, aux arrestations, à l’exploitation et à l’enfermement en centres fermés". Et conclut par "Nous ne sommes pas obligés de les laisser faire", tout en invitant à se rendre sur le site internet www.notinmyname.be.

"Ça ne vous rappelle rien?"

À Liège, notamment, on trouve une autre version de l'affiche. Celle-ci indique: "Aujourd'hui des citoyens hébergent des migrants pour les protéger des rafles. Ça ne vous rappelle rien?". Et juste en-dessous: "Pour le gouvernement belge, la fin - "nettoyer" Bruxelles - justifie les moyens: rafles programmées, quotas d'arrestation, collaboration avec une dictature, expulsions illégales, mensonges". Visant ici les descentes policières organisées dans le parc Maximilien à Bruxelles et les accusations de racket sur les migrants, la polémique sur les quotas concernant le nombre de migrants à arrêter au parc, ainsi que la collaboration du secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration Theo Francken (N-VA) avec le Soudan.

Theo Francken en ligne de mire

À la base, le slogan #NotInMyName avait été lancé sur les réseaux sociaux pour montrer son rejet contre l'État islamique et éviter l'amalgame entre l'islam et le terrorisme que pratique l'EI. Aujourd'hui, il est repris en Belgique par des activistes qui militent pour une politique migratoire plus respectueuse des droits de l'homme.

En plus de manifestations, la campagne organise des actions de sensibilisation et d'information, car les organisateurs sont ainsi convaincus que "la plupart des citoyens belges manquent d'information concernant la politique migratoire de leur pays et ne cautionneraient pas les pratiques de leur gouvernement en connaissance de cause".

Le message vise bien sûr directement Theo Francken, sa politique très critiquée et ses propos polémiques à répétition sur les migrants du parc Maximilien.

"Désinformation"

Il n'en fallait pas plus pour le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration, qui a réagi au quart de tour ce matin. "Désinformation", a-t-il posté sur son compte Twitter. "1/ Il y a toujours eu des sans-papiers, 2/ Je n'organise pas de razzia, 3/ Des mineurs d'âge n'ont pas été enfermés", a-t-il ajouté pour sa défense.

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