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Manque d'effectif, intervention trop tardive? À qui la faute ces émeutes de Bruxelles?

12 novembre 2017

L'équipe de football du Maroc s'est qualifiée pour le prochain Mondial en Russie, face à la Côte d'Ivoire, hier soir. Mais ce qui devait ressembler à une fête s'est rapidement transformé en véritable émeute à Bruxelles, impliquant près de 300 personnes: des magasins ont été saccagés, des voitures incendiées, et 22 policiers ont été blessés. Mais comment la situation a-t-elle bien pu dégénérer?

C'était le chaos hier soir dans le centre de Bruxelles. Les émeutes, qui ont éclaté quelques minutes seulement après la qualification du Maroc pour la Coupe du monde qui aura lieu en Russie, ont fait de nombreux dégats. Des magasins étaient pillés, une partie du marché de Noël qui venait à peine d'être mise en place a été détruit et surtout, 22 policiers ont été blessés. Les images font d'ailleurs froid dans le dos.

Une intervention policière trop tardive?

Alors que plusieurs politiques belges ont condamné ce matin, les émeutes survenues la veille au soir, Charles Michel, le chef du gouvernement fédéral, Charles Michel, a également salué le travail des forces de sécurité. Pourtant, de leurs côtés, les forces de sécurité ont reçu de vives critiques, notamment de la part des commerçants, qui estiment qu'elles ont tardé à réagir.

Un manque d'effectif?

Certains policiers, voulant restés anonymes, se sont défendus au micro de la VRT, arguant qu'"il n'y avait tout simplement pas assez de policiers pour intervenir". "Nous étions complètement surpris, il y avait trop peu d'hommes et des blocs de béton nous barraient la route. C'était frustrant car nous ne pouvions rien faire.", ajoutaient-ils ensuite.

Mais Olivier Slosse, le porte-parole de la police de Bruxelles-Capitale Ixelles, déclare une autre version des faits: "Nous avons intensifié nos interventions en cours de soirée, avec un peloton supplémentaire de notre service d’intervention et nous avons eu l’appui de deux autres zones de police bruxelloises. La police d’Anvers a également envoyé deux sections en renfort. Mais nous avons été surpris par l’intensité et la rapidité avec laquelle certains auteurs ont pillé des commerces.", justifiait-il. Il ajoutait également que leur priorité était "de rétablir l'ordre public avant tout".

Une enquête sera ouverte

Afin de clarifier la situation et de découvrir les circonstances dans lesquelles s'est déroulée l'intervention de la police, Jan Jambon (N-VA), a demandé à l'inspection générale de la police fédérale d'ouvrir une enquête: "Les violences ont entraîné de lourdes conséquences pour les commerçants et les particuliers. Il y a aussi eu des blessés, surtout des policiers... Il est important pour nous de travailler pour éviter que ces incidents ne se répètent.", précisait-il ici.

Les victimes indemnisées

De son côté, Alain Courtois (MR), le Premier échevin de Bruxelles en charge des Sports, a déclaré que "toute image utile sera exploitée à cette fin. Ceux qui ont transgressé la loi seront sanctionnés", ajoutait-il aussi. Si l'on en croit ses dires, les victimes des effectifs policiers ainsi que les commerçants sinistrés devraient être indemnisés.

Le ministre bruxellois, Pascal Smet (sp.a), appelle quant à lui à la fermeté: "On ne peut accepter qu'un groupe de Bruxellois d'origine marocaine manifestement (très) jeunes gâche littéralement la fête d'un plus grand groupe...Il est clair que les auteurs devront être poursuivis, sanctionnés mais surtout éduqués.", a-til commenté.

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