Donald Trump et Vladimir Poutine se serrant la main au sommet de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique, vendredi à Da Nang au Viêt Nam.

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"Un péril pour ce pays": les anciens chefs du renseignement américain ne mâchent pas leurs mots sur Donald Trump

13 novembre 2017

Les anciens chefs du renseignement américain estiment que croire Vladimir Poutine, niant l'influence de la Russie dans les élections présidentielles américaines, est "un péril" pour les États-Unis. Trump "devrait avoir honte" de remettre en question le travail de la CIA et d'une dizaine d'autres agences américaines.

Les derniers tweets de Donald Trump à propos de Vladimir Poutine passent très mal. Les anciens chefs des services de renseignement américain sont d'ailleurs montés au créneau ce dimanche pour dénoncer la prise de position du président américain dans le dossier des présumées ingérences russes lors des élections présidentielles de novembre 2016. Un sujet pourtant entre les mains de la justice, et personne d'autre.

Dans une interview pour CNN, l'ancien directeur du renseignement national, James Clapper, avertit ainsi que le fait que Trump minimise les influences russes constitue un grave danger pour les États-Unis. "La menace posée par la Russie est manifeste et évidente: essayer de la peindre d'une autre façon est, je pense, stupéfiant et constitue, en fait, un péril pour ce pays", déclare-t-il.

"Il rend la passe à Poutine"

Même son de cloche du côté de l'ancien chef de la CIA John Brennan, qui était interviewé en même temps par CNN. "En ne confrontant pas la question directement et en n'admettant pas à Poutine que nous savons qu'il est responsable, je pense qu'il rend la passe à Poutine", affirme-t-il. Ce manque de sérieux de la part du président américain envoie d'ailleurs un très mauvais signal: qu'il "peut être manipulé par des dirigeants étrangers qui vont faire appel à son ego et tenter de jouer sur ses points faibles", estime-t-il.

De même, ils sont aussi tous deux revenus sur les insultes de Trump à leur égard. "Il nous a traités de vendus parce qu’il essaie de délégitimer nos conclusions", s'est défendu l'ex chef de la CIA. "Mettre en doute l'honnêteté [du service de renseignement américain] est une chose dont Trump devrait avoir honte, mais il semble qu’il soit incapable d’avoir honte de quoi que ce soit", déplore-t-il. Et d'ajouter "vu la source des critiques, je les considère comme un honneur".

Pour rappel, Trump a déclaré hier sur Twitter, depuis le Viêt Nam, qu'il croyait Poutine quand il assure que la Russie n'a joué aucun rôle dans son élection en tant que président des États-Unis. Sur place, un journaliste lui a pourtant rappelé que 17 agences du renseignement américain ont été unanimes en janvier dernier pour conclure à une ingérence de Moscou...

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