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"Odieux", "Honte": l'idée de Theo Francken (N-VA) de créer une "police des illégaux" passe assez mal

14 novembre 2017

Le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration, Theo Francken (N-VA), compte créer une équipe d'intervention rapide au sein de son Office des Étrangers. Cette sorte de police des Étrangers aura pour mission de débusquer les migrants en situation illégale en Belgique, qui participeraient à des incidents comme les émeutes qui ont eu lieu à Bruxelles le week-end dernier.

Coup de tonnerre ce mardi en commission de la Chambre. Le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration Theo Francken (N-VA) a annoncé, lors de la présentation de sa note de politique générale, la création d'une "fast team", ou équipe d'intervention rapide.

Concrètement, il s'agit d'une sorte de "police des étrangers", qui prendra place au sein de la section judiciaire de l'Office des Étrangers. Ou plutôt d'une "police des illégaux", car sa cible prioritaire sera de traquer toutes les personnes en situation irrégulière sur le sol belge, qui se mêleraient à des échauffourées. Comme, par exemple, les émeutes qui ont éclaté le week-end dernier dans le centre de Bruxelles. Alors même qu'il n'a jamais été prouvé que des personnes sans papiers s'y étaient mêlées, puisqu'il n'y a eu aucune arrestation.

PV, arrestations, enfermements, rapatriements

Dès qu'un incident se déclarerait, sa mission sera d'intervenir rapidement avec la police. Mais il reviendra aux communes et aux polices locales d'activer cette équipe en amont. C'est donc une manière, pour Francken, de faire mieux collaborer la police et l'Office des Étrangers.

En plus de dresser des PV, la "fast team" sera également "capable d'identifier, en particulier les étrangers, pour agir de manière plus rapide et plus stricte", explique Theo Francken à VTM. "Elle doit identifier, enfermer et finalement rapatrier les sans papiers", précise-t-il encore.

Réactions très mitigées

Son idée a, bien évidemment, suscité des réactions très mitigées. Pour la députée N-VA Sarah Smeyers, qui a applaudi l'initiative, cette équipe permettra d'éviter bon nombre d'incidents, tels que ceux qui se sont produits ces dernières semaines à Bruxelles, Anvers et ailleurs.

Dans les rangs de l'opposition, l'initiative a été très mal perçue. Le député bruxellois et bourgmestre de Saint-Josse-Ten-Noode, Emir Kir (PS), a notamment reproché à Francken de tomber une nouvelle fois dans le "populisme". "Les autorités du pays se sont déjà exprimées [ndlr: sur les émeutes du week-end dernier]. Vous pratiquez l'amalgame, vous stigmatisez, occupez-vous de vos dossiers", lui a-t-il lancé.

Sur Twitter, les réactions des politiques fusent aussi...

Le co-président d'Ecolo, Patrick Dupriez, n'a pas hésité à se servir du hashtag #odieux

Petit tacle bien placé de la part de Zakia Khattabi, aussi co-présidente d'Ecolo

Une "aberration discriminatoire" pour Georges Clerfayt, ancien président de DéFi et père de Bernard Clerfayt, l'actuel bourgmestre de Schaerbeek

Une "honte" pour Julie Fernandez Fernandez, députée et échevine à la ville de Liège (PS)

Des méthodes "dignes de la gestapo", pour la députée européenne Marie Arena (PS)

Même chose pour le député bruxellois Jamal Ikazban‏ (PS)

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