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La Belgique très mauvaise élève: elle se place 32e dans la lutte contre les changements climatiques

15 novembre 2017

Selon le "Climate Change Performance Index", la Belgique se classe 32e en termes d'efficacité face à la lutte contre les changements climatiques. Selon différentes ONG environnementales belges, la raison de ce mauvais résultat? Notre pays manque drastiquement d'une vision politique claire en matière d'énergie et de climat. 

Le "Climate Change Performance Index" est un classement international annuel établi par Germanwatch et le Climate Action Network Europe.

"Le CCPI, est un outil mis en place pour faire la transparence sur les politiques internationales en termes de climat de 56 pays et de l'Union européenne", peut-on lire. "Il est fait pour encourager la pression politique et sociale dans les pays qui, jusque maintenant, n'ont pas réussi à prendre des actions claires pour la protection du climat, mais aussi pour mettre en valeur ceux qui ont adopté les bonnes politiques par rapport au climat."

Le rapport CCPI, est établi chaque année par 300 experts de chaque pays et est basé à 80% sur des indicateurs objectifs de la tendance et du niveau des émissions. Et 20 % des résultats du classement sont basés sur les évaluations de la politique climatique nationale et internationale.

Quelles sont les attentes pour être un bon élève?

Le but de ce rapport, qui a été publié ce mercredi, est d'objectiver la comparaison des efforts climatiques de ces 56 pays qui totalisent à eux seuls plus de 90 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. En tête du classement, on est censé retrouver le pays qui mettra tout en œuvre pour arriver à respecter les engagements de l'Accord de Paris qui est celui-ci: "rester nettement en dessous des 2°C et poursuivre les efforts en vue de rester sous les 1,5°C" Selon WWF Belgium. On dit bien "censé" retrouver, car actuellement, il semblerait qu'il n'y ait aucun pays qui met en œuvre les politiques suffisantes pour être capable de remplir ces conditions. La Suède, la Lituanie et le Maroc, sont ceux qui se trouvent le plus haut dans ce classement.

La Belgique largement en retard

Notre pays se classe donc à la 32è position pour la lutte contre les changements climatiques. Selon les ONG environnementales comme WWF Belgium, "ce classement médiocre est le reflet de l'absence de vision politique claire en matière d'énergie et de climat ces dernières années dans notre pays". En effet, la note de la Belgique est en dessous de la moyenne européenne, puisque l'Union européenne qui rassemble l'Europe des 28 se trouve, elle, à la 21è place du classement CCPI.

En cause notamment pour la Belgique, selon WWF Belgium, le fait que nous ne sommes pas en bonne voie pour réaliser les objectifs climatiques européens à l'horizon 2020. Quand on sait qu'au lieu de continuer à diminuer, les émissions belges de gaz à effet de serre ont légèrement augmenté en 2015 et 2016, on ne s'étonne pas de ce mauvais résultat.

Mais WWF pointe aussi le fait que si la Belgique est à la traine, c'est parce qu'elle patauge royalement en termes de vision énergétique globale. À cause de ça, il y a un manque d'investissement dans les énergies renouvelables. Le problème, est que même "si la Belgique a toujours été sous la moyenne européenne en termes de pourcentage d'énergie renouvelable, notre pays avait, au début de la décennie actuelle, fourni un réel effort pour combler partiellement ce retard". Selon Julie Vandenberghe, experte du climat au sein de WWF Belgium, "la Belgique ne peut plus de reposer ses ses efforts antérieurs, il est grand temps que nos décideurs passent à la vitesse supérieure et définissent un plan climat qui mette notre pays sur la bonne voie pour 2030".

Également réactive par rapport à ce mauvais bulletin environnemental de la Belgique, Inter-Environnement Wallonie a donné son avis sur la question. "Au-delà des discours, nos élus doivent assurer une cohérence bien plus forte entre toutes les politiques mises en oeuvres, quel que soit le domaine, et les objectifs climatiques" a déclaré Noé Lecocq, chargé de mission pour l'ASBL. L'enlisement dans lequel se trouve la Belgique face à la sortie du nucléaire ne risque pas non plus d'arranger ce manque de vision globale.

Tout en bas du classement CCPI, on retrouve notamment ces cinq pays qui obtiennent des résultats catastrophiques: les États-Unis, l'Australie, la Corée du Sud, l'Iran et l'Arabie Saoudite.

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