Pas encore sorti, déjà censuré: l'Union belge "contrôlera le message" de Damso pour l'hymne des Diables

20 novembre 2017

On a appris ce week-end que le rappeur belge le plus populaire du moment allait interpréter l'hymne des Diables. Sauf que Damso, 26 ans, ne fait pas l'unanimité auprès des supporters. En cause, ses textes, jugés peu compatibles avec les valeurs du sport et des Diables. L'Union belge a promis d'y jeter un œil.

Damso, c'est le rappeur le plus hype du moment. Même en France, il casse la baraque, aussi bien sur Youtube que sur les plateformes de streaming. Comme tout bon rappeur, Damso a des textes parfois limites, à ne pas glisser dans les oreilles d'un enfant. Ça parle meuf, drogue et alcool. Rien d'étonnant.

Sauf que le Bruxellois de 26 ans a été choisi (avec un gros coup de pouce des joueurs) pour représenter les Diables Rouges lors de la Coupe du Monde 2018 en Russie. Il est chargé d'écrire le nouvel hymne des Diables, au grand dam de certains supporters.

Carton rouge à Damso

Pas plus tard que dimanche soir sur Vivacité dans l’émission Complètement Foot, un des représentants des ultras Belgium ne voulait pas entendre parler du rappeur: "Damso ne représente pas les valeurs belges que j'ai envie de montrer au monde entier". Ce qu'essayait de dire ce supporter, un peu maladroitement, c'est que les paroles utilisées par le rappeur dans la plupart de ses chansons ne sont pas adaptées à un événement tel que la Coupe du Monde. Pas de place pour la polémique, un hymne des Diables doit forcément être consensuel.

Du côté politique, Alain Courtois, Premier échevin de la Ville de Bruxelles et homme clé lorsqu'il s'agit d'évoquer les Diables, y est également allé de son commentaire: "Pour la drogue, le harcèlement, la violence envers les femmes, j'adresse un carton rouge au rappeur #damso , qui a été retenu par @Belgianfootball pour réaliser l’hymne officiel des @BelRedDevils en vue de la @FIFAWorldCup 2018. Je rejoins à 100 % ma collègue @VivTeitelbaum!".

Viviane Teitelbaum est une échevine et députée bruxelloise qui a lancé "un carton rouge à Damso": "Plein de jeunes vont aller écouter ses raps et ils vont entendre des propos qui ne sont pas à banaliser. Je pense que ces 6 mois où ils vont écouter Damso, entendre toutes ces paroles stéréotypées, insultantes pour les femmes, même très brutales par rapport à ce qu'il dit de la société quand il s'adresse aux jeunes, c'est un vrai problème".

Second degré

On rappellera juste ici que les paroles des rappeurs sont souvent utilisées avec du second degré. Chacun peut y voir ce qu'il veut, selon sa propre expérience. Damso n'a lui-même pas vécu tout ce qu'il raconte, il fantasme souvent, dénonce parfois. Aussi, il est également temps de faire comprendre à la plupart des gens que le rap n'est plus une musique urbaine voire marginale. Tous les jeunes (et moins jeunes) écoutent du rap maintenant. Que l'on s'appelle Nacer, Romelu ou Kévin.

Reste que l'Union belge tiendra à l’œil le morceau écrit par Damso. Devant la polémique qui enfle, le porte-parole de L'Union belge l'a précisé ce matin à la RTBF: "On aura aussi notre mot à dire. Il est clair qu'il y aura un contrôle de notre part pour faire en sorte, par le biais de sa chanson, qu'il véhicule les messages que nous souhaitons véhiculer".

Le principal concerné voit-il cela comme de la censure ou une simple adaptation pour plaire au plus grand nombre? Nos appels sont restés sans réponse.

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