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Et voilà comment Donald Trump va expulser près de 59.000 immigrés haïtiens

21 novembre 2017

Les États-Unis vont mettre fin au programme qui offrait un statut de protection à près de 59.000 immigrés haïtiens. Ceux-ci vivaient sur le territoire américain depuis 2010, mais ont maintenant 18 mois pour le quitter. Le gouvernement Trump a également demandé à la Cour suprême des États-Unis d'autoriser la dernière version de son travel ban, qui comprend l'interdiction complète d'entrée sur le sol américain.

Le statut temporaire de protection (TPS) avait été accordé aux Haïtiens pour une période de 18 mois par l'administration Obama, suite au violent tremblement de terre qui a fait plus de 230.000 victimes en janvier 2010. Depuis, le programme avait, chaque fois, été renouvelé.

Ce statut, qui empêche l'expulsion, avait donc été offert à une majorité de personnes venant de Haïti, qui fuyaient leur île dévastée. Cela leur permettait de vivre et travailler en toute légalité aux États-Unis.

Mais le gouvernement Trump annonce aujourd'hui qu'il ne renouvellera ce programme spécial et qu'il prendra fin dans 18 mois. À ce moment-là, les Haïtiens devront soit retourner dans leur pays soit légaliser leur séjour aux États-Unis au moyen d'un permis de séjour permanent.

"Sans coeur"

Pour le gouvernement Trump, la situation en Haïti s'est améliorée suffisamment pour que les Haïtiens soient capables de rentrer chez eux. Ils perdent donc leur statut de protection et ont jusqu'à l'été 2019 pour quitter le territoire ou se mettre en ordre. Selon les autorités américaines, Haïti est même parfaitement capable d'accueillir ses près de 60.000 compatriotes.

Les avocats américains des Haïtiens ont immédiatement signé une lettre de protestation après que la décision soit tombée. Pour eux, la situation sur l'île n'est pas suffisante pour permettre à autant de personnes d'y revenir vivre. Ils parlent d'une décision "sans cœur".

Si Haïti a reçu beaucoup d'aides internationales après le séisme dévastateur de 2010, cela reste toujours l'un des pays les plus pauvres du monde.

Travel ban, nouvelle tentative

Le gouvernement américain a également demandé à la Cour suprême des États-Unis d'autoriser la dernière version du travel ban du président Trump, qui comprend l'interdiction complète d'entrée sur le territoire américain. Car une cour d'appel de Californie a statué la semaine dernière que seules certaines parties du texte pourraient être mises en œuvre.

Pour cela, la Maison-Blanche fait valoir que l'interdiction d'entrée devrait être pleinement appliquée, car elle diffère des interdictions précédentes "tant sur le plan de la procédure que sur le fond". Selon l'administration Trump, les différences montrent clairement que le nouveau texte est "fondé sur des objectifs dans le domaine de la sécurité nationale et des affaires étrangères et non sur un sentiment d'hostilité à leur religion".

Cette nouvelle version édictée par Trump a été annoncée le 24 septembre, pour remplacer les deux interdictions d'entrée précédentes qui avaient été bloquées ou restreintes par des juges fédéraux.

Le 13 novembre dernier, trois juges de la Cour d'appel de San Francisco ont partiellement autorisé cette interdiction d'entrée, donnant une petite victoire au gouvernement Trump. Mais malgré tout, un juge fédéral de Hawaï a déjà bloqué cette troisième version. Ensuite, la cour d'appel a déclaré que le gouvernement pouvait refuser l'entrée sur le sol américain aux ressortissants de six pays musulmans qui n'ont aucun lien avec les États-Unis.

Cette décision s'applique donc aux personnes originaires d'Iran, de Libye, de Syrie, du Yémen, de Somalie et du Tchad.

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