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Charles Michel veut rouvrir le dialogue avec la Russie: une rencontre avec Poutine est prévue fin janvier

30 novembre 2017

Le Premier ministre Charles Michel fait de la realpolitik lorsqu'il s'agit de politique étrangère. Contrairement aux gouvernements précédents, il ne veut pas avoir un regard moralisateur. Il aborde donc l'Afrique centrale de manière totalement différente et souhaite même un dialogue avec Vladimir Poutine. Fin janvier, une rencontre aura lieu à Moscou. 

C'est en marge de sa visite au sommet Afrique-Europe que le Premier ministre Charles Michel (MR) a annoncé qu'il rendrait visite à Vladimir Poutine. Le rendez-vous a été pris avec le président russe au début de l'année prochaine. Charles Michel se rendra donc à la célèbre place rouge pour prendre un café au Kremlin.

Mais ce ne sera pas un voyage pour se divertir non plus. Parce que le Premier ministre Charles Michel est très ambitieux en matière de politique étrangère, notamment vis-à-vis de la Russie. Dans ce domaine, son gouvernement de centre-droit est très différent des coalitions précédentes, où les socialistes ont toujours été impliqués. Spécifiquement le sp.a qui a toujours pris des décisions fermes et fermées tant sur les droits de l'homme, les ONG ou les dictateurs. Mais cette approche s'oppose complètement à celle que Charles Michel entend mener, aussi bien pour sa politique intérieure qu'extérieure, le Premier ministre préfère une approche pragmatique plutôt que d'employer des grands mots. Et de moraliser le débat.

Renouer le dialogue avec la Russie

La Russie a toujours suscité de grands débats au sein de l'Union européenne. Sous l'impulsion des États-Unis et, en Europe, du Royaume-Uni, de la Pologne et des pays baltes, l'approche a toujours été trop moralisatrices et même contre-productrices à l'égard de la Russie, estime le Premier ministre. Avec le Brexit, l'un des grands opposants de la Russie s'en va de l'Union européenne, Charles Michel souhaite dès lors en profiter.

Le système actuel des sanctions européennes n'est pas bénéfique pour Charles Michel. Ces sanctions ont été prises depuis l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014. Pour l'Union européenne et les États-Unis, cette annexion est une raison suffisante pour geler toutes les relations et imposer des sanctions. Mais le problème, c'est que face à ces sanctions, la Russie a mis en place un embargo et celui-ci affecte la Belgique. Par exemple, les agriculteurs ne peuvent plus exporter ni de poire ni de pomme vers la Russie.

Il est bien entendu impossible pour le Premier ministre de se débarrasser de ces sanctions directement. Lors de sa rencontre avec Vladimir Poutine, Charles Michel souhaite d'abord aborder des dossiers sur lesquels les deux pays ont des intérêts similaires. Par exemple: la situation en Syrie, tout ce qui se passe en Afrique du Nord, la lutte contre le terrorisme, mais également les relations avec les pays baltes. Après suivront les questions qui fâchent.

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