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C'est promis, ils vont "conclure". Mais toujours pas d'accord entre le Royaume-Uni et l'EU en vue du Brexit

4 décembre 2017

Ce lundi, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, attendait, avec une certaine impatience, la Première ministre britannique, Theresa May. S'ils ont tous les deux parlé d'une rencontre positive en vue de s'accorder définitivement sur le Brexit, aucun accord n'a été signé. Une question de temps apparemment.

"Je suis aussi confiante sur le fait que nous allons conclure cela de façon positive", a déclaré Theresa May. Même son de cloche du côté de Jean-Claude Juncker qui se dit "confiant" sur une issue "positive".

Si les deux dirigeants se sont rencontrés à Bruxelles ce lundi, avec le président du Conseil européen, Donald Tusk, c'était pour passer un accord sur les futures relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Ces "relations futures" doivent aussi désamorcer les points de friction pour le divorce prévu le 29 mars 2019.

Ils ont donc discuté argent. Car comme dans tous les divorces, il doit bien y avoir quelqu'un qui paye les pots cassés. A fortiori le Royaume-Uni qui a décidé de faire chambre à part. Cette "facture" du Brexit, les Britanniques sont prêts à la payer, à hauteur de 50 à 60 milliards d'euros. Ce qui comprend le droit d'accès au marché intérieur pour une période de transition de deux ans. Mais aussi ce que le Rayaume-Uni doit encore payer jusqu'à l'exécution du Brexit. Le reste concerne des engagements à plus long terme du Royaume-Uni. Engagements qu'il compte bien respecter.

Même la question irlandaise est en bonne voie

L'autre grande question qui est en passe d'être résolue est le sort des expatriés. Il en va de même pour les litiges qu'il demeure avec la Cour de Justice européenne. En fait, "90 à 95%" de l'accord est atteint. Pas même la question irlandaise n'a fait capoter le futur accord. Le Royaume-Uni et l'Union européenne ont trouvé un compromis concernant la frontière irlandaise après le Brexit. Le Royaume-Uni aurait accepté de maintenir en Irlande du Nord les mêmes règles qui s'appliquent dans le marché unique européen et l'union douanière, estimant que la réapparition d'une frontière économique affaiblirait les deux économies. Cela aurait pu aussi réveiller de vieilles tensions entre Irlandais et Irlandais du Nord, pourtant pacifiées depuis l'accord de paix de 1998.

Mais si tous les signaux sont au vert, pourquoi aucun accord n'a-t-il été conclu? Chacun veut sortir par la grande porte. Et ne pas passer pour le perdant de l'accord. Theresa May, affaiblie politiquement, ne s'en remettrait pas. "Il faut montrer au public UK que ce fût dur (les négociations). Sinon impossible à vendre par Theresa Mays à son opinion et aux tories (conservateurs)", analyse Jurek Kuczkiewicz, en charge des affaires européennes pour Le Soir.

Les deux protagonistes vont donc se retrouver en fin de semaine. Le but étant d'être prêt pour le prochain sommet européen de décembre. Car c'est promis, ils vont "conclure".

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