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Notre enseignement à nouveau pointé du doigt: les élèves belges sont les pires lecteurs de l'UE

5 décembre 2017

Décidément. Les études internationales en matière d'enseignement sont très dures envers la Belgique. L'étude PISA publiée en novembre dernier pointait déjà du doigt notre pays. Le programme international d'évaluation des compétences en lecture (PIRLS 2016) vient en remettre une couche. Les élèves belges francophones sont les pires lecteurs de l'Union européenne et même des pays développés. Les Flamands ne font pas beaucoup mieux.

Les capacités de lecture des élèves francophones ont chuté ces cinq dernières années. En effet, la Fédération Wallonie-Bruxelles se classe en dernière place de l'UE mais aussi des pays développés. C'est ce qu'il ressort de l'étude PIRLS 2016, publiée ce mardi.

Elle a évalué les performances en lecture dans 61 pays ou régions des élèves de quatrième primaire. Et comme ce fut le cas récemment pour l'enquête PISA 2015, qui pointait du doigt le manque de capacité des élèves francophones à travailler en groupe, l'étude PIRLS n'est pas très flatteuse pour notre enseignement.

La moyenne globale au sein de l'Union est de 542 points. La Fédération Wallonie-Bruxelles a obtenu le score de 497, soit la dernière position des pays développés. Maigre consolation: la France (511) et la Flandre (525) ne sont pas loin de nous. Les meilleurs élèves en termes de lecture se trouvent en Russie (581), à Singapour (576) et à Hong-Kong (569).

Les filles meilleures que les garçons

Il existe aussi une disparité entre les élèves au sein même de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les filles sont de meilleures lectrices que les garçons. La différence n'est pas négligeable avec un score de 492 pour les garçons et de 503 pour les filles. Les disparités socioéconomiques sont également un facteur important. Ainsi, les 25% des élèves francophones les plus aisés se classent parmi la moyenne européenne avec 542 points.

Marie-Martine Schyns (cdH) a rapidement réagi dans un communiqué ce mardi midi. Elle juge les résultats "insatisfaisants". De quoi alimenter les travaux sur le futur pacte d'excellence dont le kit de démarrage a été approuvé en plénière mi-novembre. La ministre compte aussi s'appuyer sur le groupe de travail de l'université de Liège dont les constats et les pistes peuvent amener notre enseignement à se réformer: "Il faudra renforcer l’offre de lecture en insistant sur la compréhension, l’interprétation, le décodage et l’implicite. Cela devra se combiner avec un passage à l’écrit intervenant plus tôt dans la scolarité", précise-t-elle.

"Elle s'en lave les mains"

Au sein de l'opposition, on est évidemment beaucoup plus critique. Françoise Bertieaux (MR), cheffe de file au Parlement de la Fédération, pointe la non-gouvernance de la ministre Schyns: "On croit rêver! Sur une réforme aussi importante que le Pacte d'excellence, que l'on concerte les acteurs de terrain est normal, voire crucial. Mais ensuite, un ministre se doit de prendre ses responsabilités en prenant - parfois en tranchant - les mesures censées répondre aux lacunes observées. Il est clair que désormais Mme Schyns a démissionné de toute responsabilité ministérielle", réagit-elle pour Belga.

Selon la cheffe de file, la ministre ne prend pas assez au sérieux ces résultats du PIRLS 2016. Pire, "elle s'en lave les mains". Ça promet un débat encore plus houleux pour le Pacte d'excellence, qui est déjà loin de faire l'unanimité.

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