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Carles Puigdemont défie Madrid et ne bougera pas: "L'État espagnol a peur de la justice belge"

6 décembre 2017

Carles Puigdemont est satisfait de la décision de l'Espagne de retirer le mandat d'arrêt européen émis à son encontre ainsi que contre ses anciens ministres toujours en Belgique. S'exprimant  de Bruxelles ce mercredi, l'ex-leader de la Catalogne a tenu à rappeler son innocence et sa volonté de rester en Belgique "pour le moment", tout en déplorant de ne pouvoir être jugé exclusivement par la justice belge.

Toujours à Bruxelles, Carles Puigdemont, le président déchu de la Catalogne, vient de s'exprimer ce mercredi midi sur la récente décision de la Cour suprême espagnole de laisser tomber le mandat d'arrêt européen émis contre lui et ses quatre anciens ministres exilés en Belgique.

Dans un discours d'une petite dizaine de minutes, entièrement en catalan, Carles Puigdemont a d'abord fustigé ce mandat d'arrêt européen, qui est pour lui "contraire aux valeurs de l'Union européenne". Il s'est donc dit satisfait de la décision de Madrid de faire machine arrière, tout en glissant quelques tacles.

"Peur de se ridiculiser et de perdre"

"Ce que nous croyons aujourd'hui, c'est que la justice espagnole, l'État espagnol et son gouvernement ont eu peur de se ridiculiser et de perdre. Ils ont peur de la justice belge, peur qu'il soit évident qu'il n'y a pas de base à ces accusations", a-t-il affirmé. Les autorités espagnoles ne veulent pas non plus "être sous la surveillance internationale de la justice européenne, des bonnes pratiques démocratiques qu'il y a dans les pays européens", a-t-il ajouté. Surtout au moment des élections régionales, prévues le 21 décembre prochain.

De plus, "la directive européenne sur le mandat d’arrêt interdit d'utiliser ce mécanisme pour poursuivre des délits politiques", a-t-il souligné. Pour l'ex-leader de la Catalogne, Madrid a eu si "peur du regard du monde" qu'il pense qu'ils "vont finir par retirer l'article 155", dont l'activation par le gouvernement espagnol a permis de retirer l'autonomie à la région.

Enfin, Carles Puigdemont a réaffirmé qu'il resterait en Belgique "pour le moment", car il ne sait pas encore s'il est autorisé à circuler librement dans l'Union européenne. Mais "j’aurais préféré que la justice belge puisse se prononcer. Ils ont dépensé beaucoup de temps et de talents pour étudier le cas. J’aurai préféré avoir un prononcé de sentence de la justice belge", a-t-il déploré.

"Il est évident que nous n'avons fait aucun délit"

Après son bref discours, c'était au tour de ses ex-ministres de prendre la parole. Clara Ponsatí, ex-ministre catalane de l'Enseignement a, de son côté, signalé que "la Commission européenne a décidé hier que les élections catalanes ne pouvaient faire l'objet d'une surveillance internationale". Elle s'est ensuite tournée vers le public en s'interrogeant: "Pour quelle raison a-t-elle décidé cela?".

"Il est évident que nous n’avons fait aucun délit, aucun crime. Pourquoi le mandat a donc été levé pour nous en Belgique et pas pour nos compagnons en Espagne qui sont toujours en prison pour les mêmes faits?", s'est, quant à elle, interrogée l'ex-ministre catalane de l'Agriculture, Meritxell Serret. Tout en soulignant encore que "l'Espagne a eu peur de la justice et de la démocratie".

En attendant, le mandat d'arrêt espagnol est, lui, toujours d'application. De retour en Espagne, les cinq ex-dirigeants catalans risquent jusqu'à 30 ans de prison pour malversations, désobéissance, rébellion, détournement de fonds publics, corruption et sédition.

En soutien au gouvernement catalan déchu, une grosse manifestation est donc prévue demain à partir de 11 heures dans le quartier européen. Ça promet d'être le bazar, 20.000 personnes sont attendues.

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