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C'est fait: Donald Trump reconnaît Jérusalem comme capitale d'Israël et attise les tensions dans la région

6 décembre 2017

Ça y est, Donald Trump a reconnu officiellement Jérusalem comme seule et unique capitale de l'État d'Israël. Comme sur de nombreux dossiers, le président américain a décidé de ne pas suivre ses prédécesseurs et de n'en faire qu'à sa tête. Mais ce n'est pas sans risques.

C'était plus que prévu, puisque cette décision faisait déjà partie de son programme lors de la campagne électorale et que des bruits couraient depuis quelques jours. Cette fois, c'est officiel: Donald Trump a décidé de reconnaître Jérusalem comme seule et unique capitale de l'État d'Israël.

Le président américain a fait sa grande annonce peu après 19 heures (heure belge) dans une déclaration publique depuis la Maison-Blanche, que des centaines de milliers de spectateurs ont pu apprécier sur son compte Twitter.

"Regarder le monde avec ouverture d'esprit"

Dans sa déclaration d'une dizaine de minutes à peine, Donald Trump affirme d'abord vouloir "regarder le monde avec ouverture d'esprit et une façon de penser très fraîche". Il veut aussi "une nouvelle approche" sur le conflit israélo-palestinien, qui ne "répète pas les mêmes stratégies passées qui ont échoué".

Il a donc pas manqué de glisser quelques tacles à destination de ses prédécesseurs. Lesquels "n'ont pas fait ce qu'ils avaient dit", sans doute par manque de "courage", selon ses propos.

Mais attention, Trump s'est dit prêt à trouver une solution pour résoudre le conflit qui déchire la région. "Les États-Unis restent déterminés à aider à faciliter un accord de paix acceptable pour les deux parties (...) J'ai l'intention de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour aider à sceller un tel accord", a-t-il souligné, à peine rassurant.

En plus de cette reconnaissance officielle, il a également ordonné de mettre en route les préparatifs pour déménager l'ambassade américaine de Tel-Aviv (la capitale officielle actuelle) à Jérusalem. Sauf que ce transfert pourrait prendre des années, puisqu'il n'y a pas encore de bâtiment prêt à accueillir les diplomates américains dans la ville.

Pourquoi ce n'est pas une bonne décision

Le premier problème de cette décision est lié à l'image que renvoie les États-Unis au reste du monde, puisque cela rompt avec des décennies de diplomatie américaine et internationale. Mais ensuite, et il fallait oser le faire, Trump a décidé de ne pas écouter les mises en garde des dirigeants du monde entier. Le président palestinien Mahmoud Abbas l'avait, par exemple, averti des "conséquences dangereuses" que cette décision pourrait entraîner. D'autres dirigeants arabes ont aussi souligné les conséquences pour la stabilité et la sécurité dans la région, où la tension est très palpable depuis des années.

Pire encore, le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé de rompre les relations diplomatiques avec Israël en cas de reconnaissance. Cette décision allant à l'encontre du droit international, des résolutions de l'ONU et des faits historiques. Même son de cloche du côté de la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, selon laquelle cette action risque de saper toute solution au conflit israélo-palestinien.

Car reconnaitre Jérusalem comme capitale d'Israël est un véritable casus belli pour les Palestiniens. Ces derniers revendiquant Jérusalem-Est, comme capitale de leur futur État. Tout comme les Israéliens, qui ont occupé Jérusalem-Est en 1967, pendant la Guerre des Six Jours, et qui, depuis, considère la ville toute entière comme leur capitale. Sauf que jusqu'ici, cette revendication n'était pas reconnue par la communauté internationale, y compris les États-Unis.

Les voilà de nouveau bien isolés de la scène internationale.

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