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La polémique ne fait que commencer: les syndicats de police ne veulent pas des tasers de Jan Jambon

7 décembre 2017

Jan Jambon, le ministre de l'Intérieur (N-VA), a annoncé mercredi que 14 zones de police vont tester l'utilisation du taser. Une mesure qui ne plaît pas du tout aux syndicats, car les policiers ne bénéficient d'aucune protection juridique pour l'utilisation de cette arme polémique.

Jan Jambon est passé à la vitesse supérieure avec le taser. Mais ça ne plaît pas aux policiers, les premiers concernés. Le ministre de l'Intérieur (N-VA) a confirmé la mise en place d'un projet évoqué depuis plusieurs mois: une phase de test pour l'utilisation du taser dans plusieurs zones de police. Selon Belga, elles seront au nombre de 14: ce seront celles d'Alost, de la Westkust, de Limburg regio hoofdstad, Bruges, Ostende, Anvers, la Zone Midi à Bruxelles, Bruxelles Ouest, la Police Boraine, Liège, Arlon/Attert/Habay/Martelange, Beloeil/Leuze-en-Hainaut, Mons-Quévy et Aiseau/Presles/Châtelet/Farciennes.

"Un risque de mort"

En clair, les policiers seront équipés de tasers, une arme non létale mais dont l'utilisation par les forces de l'ordre fait débat, dont ils pourront bien sûr se servir face à des malfaiteurs. "Pendant la période d'essai, nous vérifierons si le taser n'est pas trop dangereux et si une formation est suffisante. (...) Si une modification de la loi est nécessaire, alors nous la ferons", a fait savoir Jan Jambon. Les syndicats réclament justement une modification de la loi avant que les policiers soient équipés de tasers: selon eux, les policiers ne sont pas assez protégés par la loi en cas de souci s'ils utilisent le taser.

Thierry Belin, secrétaire du Syndicat national du personnel de police et de sécurité (SNPS), est très remonté contre la décision de Jan Jambon dans les colonnes de la DH: "C’est de la folie. C’est une gifle aux policiers. On bafoue la concertation sociale. On a indiqué mardi que ce n’était pas une bonne idée et qu’on était contre lors du comité supérieur de concertation. C’est un comportement de despote".

Problème juridique

Qu'est-ce qui pose problème? Déjà, le cadre juridique autour du taser, déjà. "Les juristes de la police fédérale sont d’accord avec nous. S’il y a un problème, c’est l’agent qui se retrouvera au tribunal. Il y a un risque réel", fait savoir Thierry Belin. Le danger que peut représenter cette arme inquiète ausi les policiers, qui pourraient tuer quelqu'un avec un taser sans le vouloir.

"Il y a des risques évidents qui ne sont pas bien définis. Dans certains cas, il y a un risque de mort pour la personne qu’on neutralise avec le taser. Par exemple, si la personne est cardiaque ou a bu. De plus, il faudrait trois agents lors de ce type d’opération. Un pour utiliser le taser et deux autres pour rattraper la personne qui pourrait tomber. Vous imaginez", ajoute Thierry Belin.

"Risque sous-estimé" pour Amnesty International

Des craintes confirmées par Amnesty International. "Le risque que représentent ces armes est clairement sous-estimé. L’absence d’un cadre juridique clair pour leur utilisation en Belgique est d’ailleurs préoccupante. Cela peut avoir de lourdes conséquences pour les agents eux-mêmes, mais peut aussi mener à des abus", assure Philippe Hensmans, directeur de la section belge de l'ONG de défense des droits de l'homme. Pour Amnesty, les agents de police doivent recevoir une formation appropriée s'ils sont amenés à utiliser un taser, même si l'ONG déconseille de les équiper de cette arme.

Du coup, les syndicats espèrent que les policiers refuseront d'utiliser le taser tant que la loi ne change pas. Reste à voir si Jan Jambon décidera d'écouter les syndicats ou non dans ce dossier.

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